As · David Lisnard
Ne plus imposer un quota de logements sociaux à chaque commune
En clair
Supprimer l’obligation pour les communes d’avoir 20 à 25 % de logements sociaux, et la remplacer par des objectifs de construction fixés avec chaque collectivité.
Pourquoi
Selon Lisnard, la construction neuve est tombée d’environ 500 000 à 300 000 logements par an. Il accuse l’accumulation de règles et une obligation uniforme qui ne tient pas compte des réalités locales.
Le contexte
L’article 55 de la loi SRU (2000) impose un taux minimum de logements sociaux aux communes d’une certaine taille, avec des pénalités financières pour celles qui ne l’atteignent pas.
Dans le détail
- 1Le quota serait remplacé par un objectif de construction négocié entre l’État et les collectivités.
- 2Il estime que la loi n’a pas amélioré la mixité sociale.
- 3Il veut aussi remettre en cause les lois Alur (2014) et Climat et résilience (2021).
- 4Il rappelle que 75 % des Français seraient éligibles à un logement social.
Ce qui fait débat
Les défenseurs de la loi SRU estiment que, sans quota, certaines communes aisées ne construiraient jamais de logements sociaux.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Relever les objectifs de logements sociaux via des contrats territoriaux
« Accélérer la construction de logements sociaux en réhaussant les objectifs nationaux annuels, via des contrats territoriaux adaptés aux besoins réels des territoires et à l’exigence de mixité sociale », et créer un fonds national pour aider les collectivités à acheter du foncier.
Pour Place publique, « le logement est une urgence absolue » : « les prix de la location flambent, la pression foncière augmente, le nombre de logements sociaux est insuffisant, comme celui de logements sur le marché en général ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann parle lui aussi de contrats adaptés à chaque territoire, mais il les pose par-dessus l’obligation uniforme, sans dire s’il la garde, et relève les objectifs nationaux. Lisnard enlève l’étage qui ne marche pas : plus de quota, un objectif de construction négocié avec chaque commune. Vingt-cinq ans de quota ont donné 300 000 logements par an au lieu de 500 000 ; monter la cible ne change pas la méthode.
Le projet ne cite pas la loi SRU ni son quota par commune ; il relève les objectifs nationaux sans dire si l’obligation uniforme est maintenue.
Jouer ce thème contre GlucksmannGabriel AttalPosition ancienne
Garder le quota SRU en y comptant une part de logements intermédiaires
Premier ministre, Attal proposait « d’ajouter pour une part les logements intermédiaires, accessibles à la classe moyenne », dans le calcul des 25 % de logements sociaux imposés aux communes, sans supprimer l’obligation, et de donner aux maires « la main pour la première attribution dans les nouveaux logements sociaux ».
Il voulait un « choc d’offre » : 20 territoires engagés pour 30 000 logements en trois ans, des normes simplifiées et plus de marges pour les maires. En 2026, il revendique ces mesures prises avec Guillaume Kasbarian et veut « lever les freins à la construction et à l’investissement ».
Différence avec Lisnard
Attal garde l’obligation uniforme et en change l’arithmétique, en y comptant du logement intermédiaire : une annonce de 2024, sans suite depuis. Lisnard retire l’obligation et met à la place un objectif de construction négocié avec chaque commune. Le quota existe depuis 2000 et la construction est tombée de 500 000 à 300 000 logements par an : compter autrement ce qu’on impose n’en bâtit pas un de plus.
Annonce du discours de politique générale du 30 janvier 2024 ; à Batimat, en septembre 2026, il s’en revendique sans reparler de la loi SRU.
- Public Sénat, 31 janvier 2024 : les annonces de Gabriel Attal sur la loi SRU
- Public Sénat, 30 janvier 2024 : les annonces du discours de politique générale
- Banque des Territoires (Localtis), 30 janvier 2024 : une France à débureaucratiser et déverrouiller
- Grand oral de Batimat, site de campagne, 29 septembre 2026 : libérer l’accès au logement
Jean-Luc Mélenchon
Monter le quota de logements sociaux à 30 % et durcir les sanctions
Rehausser le seuil de logements sociaux de la loi SRU à 30 % dans les villes, le calculer par arrondissement dans les grandes métropoles et aggraver les sanctions contre les communes hors la loi. Objectif : 400 000 logements abordables par an, dont 200 000 logements publics, contre 100 000 aujourd’hui.
Son plan logement juge « irresponsables » les propositions « pour liquider le logement public, comme par exemple l’abrogation de la loi SRU ». Il constate 350 000 sans-abri, deux fois plus qu’il y a dix ans, 2,8 millions de ménages en attente d’un logement public et un logement qui absorbe 28 % du budget des ménages.
Différence avec Lisnard
Mélenchon monte le quota à 30 % et durcit les sanctions ; Lisnard le supprime et négocie des objectifs avec chaque commune. Depuis 2000, le quota a été relevé et la construction est passée de 500 000 à 300 000 logements par an : l’un augmente la dose, l’autre change de remède. Et 75 % des Français sont éligibles au logement social, ce qui dit assez que le problème est l’offre, pas le pourcentage.
- Plan « BTP et logement », site de campagne Mélenchon 2027, 24 septembre 2026
- Le Figaro, 14 septembre 2026 : loi SRU, loyers, passoires thermiques, les positions des candidats
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024), PDF publié par La France insoumise
Marine Le Pen
Abroger la loi SRU et ses quotas de logements sociaux
Abroger la loi SRU, qui impose aux communes de plus de 3 500 habitants 20 à 25 % de logements sociaux, et supprimer les pénalités qui vont avec. En parallèle, réserver en priorité les HLM et les APL aux Français et vendre « un certain nombre de HLM aux Français ».
Pour Marine Le Pen, le logement doit être « un des grands chantiers » de son quinquennat et la loi SRU est une erreur. Le RN rappelle que 900 000 familles attendent un logement social et que les étrangers, 8 % de la population, occupent 15 % du parc social.
Différence avec Lisnard
Le Pen et Lisnard suppriment tous deux le quota de la loi SRU. Le Pen abroge et s’arrête là, puis réserve les HLM aux Français ; Lisnard met quelque chose à la place : un objectif de construction négocié avec chaque commune, pour que les 300 000 logements par an redeviennent 500 000. Abroger sans remplacer laisse les maires seuls face à la pénurie ; Lisnard, qui les a présidés, leur donne un cadre.
- LCP, 14 septembre 2026 : réserver les HLM aux Français, la proposition de Marine Le Pen provoque une levée de boucliers
- Pétition du Rassemblement national « Logement : avec Marine Le Pen, appliquons la priorité nationale » (septembre 2026)
- AFP (Sud Radio), 13 septembre 2026 : Le Pen met la priorité nationale au centre d’un « grand chantier » sur le logement
- Public Sénat, 14 septembre 2026 : le plan logement de Marine Le Pen défendu par Laurent Jacobelli

