Valet · David Lisnard
Passer un examen en fin de CM2 avant d’entrer au collège
En clair
Créer un certificat de fin de primaire à obtenir avant le collège. Les élèves qui ne maîtrisent pas les bases auraient un accompagnement spécifique, au lieu de passer automatiquement en 6e.
Pourquoi
Lisnard attribue la baisse du niveau à quarante ans de méthodes « pédagogistes ». Il veut revenir à un enseignement centré sur le cours et sur les fondamentaux.
« Un élève, ça s’élève. »
Le contexte
Le certificat d’études primaires a existé de 1866 à 1989.
Dans le détail
- 1Plus d’heures de français, de mathématiques et de langue étrangère.
- 2Latin, grec et philosophie dès le primaire, comme il l’a testé à Cannes.
- 3Les fondamentaux le matin, l’éducation artistique et culturelle l’après-midi.
- 4Rétablir l’autorité du professeur.
Ce qui fait débat
Bloquer un élève en fin de primaire n’est efficace, selon de nombreuses études sur le redoublement, que s’il reçoit un vrai soutien. C’est pourquoi la proposition insiste sur l’accompagnement.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur un examen de fin de primaire
Aucun certificat de fin de CM2. Pour le primaire, Place publique propose de « réduire le nombre d’élèves par enseignant » et de développer « à grande échelle l’accompagnement et le tutorat sur temps scolaire » avec des adultes formés ; Glucksmann en a fait, avec la baisse du nombre d’élèves par classe en primaire, un axe de son plan de sauvetage de l’école publique.
Selon lui, la France a « l’école qui maltraite le plus les enseignants », payés moins qu’au Portugal ou en Slovénie, et celle qui reproduit le plus les inégalités. Place publique juge que les réponses pédagogiques à coût nul masquent les enjeux structurels : effectifs, locaux dégradés, instabilité ministérielle.
Différence avec Lisnard
Glucksmann réduit les effectifs et développe le tutorat ; Lisnard accompagne aussi, mais après avoir mesuré : un certificat en fin de CM2, et un accompagnement spécifique pour ceux qui ne l’ont pas, au lieu d’un passage automatique en 6e. On n’aide pas un élève dont on refuse de constater qu’il ne sait pas lire.
Ni le projet de Place publique ni ses propositions de rentrée 2026 n’évoquent un examen ou un certificat avant le collège.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 33 « Un plan de sauvetage pour l’École »
- Public Sénat, 24 août 2026 : fiscalité, école, immigration, ce que propose Raphaël Glucksmann
- Place publique, 22 septembre 2026 : réaction au rapport PISA 2025
Gabriel Attal
Rétablir le certificat d’études à l’entrée en 6e
Rétablir un certificat d’études « à l’entrée en 6e pour garantir que les élèves ont le bagage nécessaire », avec une année passerelle pour ceux qui ne l’obtiennent pas. Plus tard, le brevet des collèges deviendrait obligatoire pour passer en seconde.
Attal veut que l’entrée au collège, puis au lycée, soit conditionnée à la maîtrise des bases, au lieu d’un passage automatique. Il y ajoute la généralisation des groupes de niveau en français et en mathématiques, et moins de 20 élèves par classe au primaire grâce à la baisse démographique.
Différence avec Lisnard
Même certificat avant la 6e, même année de rattrapage pour ceux qui ne l’ont pas. Lisnard y ajoute ce qui fait qu’on le réussit : plus d’heures de français et de mathématiques, les fondamentaux le matin, l’autorité du professeur rétablie. Un examen ne relève pas le niveau ; ce qui le précède, si. Lisnard l’a essayé à Cannes, latin et philosophie dès le primaire, avant de le proposer au pays.
- LCP, 25 août 2026 : ce que propose Gabriel Attal pour l’école (entretien au Monde)
- Sud Radio (AFP), 25 août 2026 : Attal veut un ministre pour cinq ans et rétablir le certificat d’études
Jean-Luc Mélenchon
Pas d’examen à l’entrée au collège : abroger le « choc des savoirs »
Abroger le « choc des savoirs », supprimer les groupes de niveau au collège, refuser de conditionner l’entrée au lycée au brevet et garantir à chaque élève le droit de progresser dans une classe hétérogène. Aucun examen de fin de primaire ; la scolarité obligatoire serait étendue à 18 ans.
Pour le programme, le « choc des savoirs » renforce « la ségrégation scolaire et sociale ». Mélenchon juge le classement PISA « pas compatible avec la vision républicaine française de l’éducation », car il mesure l’aptitude à former les salariés dont le marché a besoin, et impute la baisse du niveau aux coupes budgétaires.
Différence avec Lisnard
Mélenchon refuse tout examen et garantit le passage en classe hétérogène ; Lisnard veut savoir, en fin de CM2, qui sait lire, écrire et compter, et accompagner ceux qui ne savent pas avant la 6e. Juger PISA incompatible avec la République ne change rien aux résultats des collégiens en mathématiques, parmi les plus faibles d’Europe.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 5, « Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation »
- Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, 9 septembre 2026 : « Déluge d’hypocrisie à propos des résultats du classement Pisa »
- La France insoumise, comparateur de programmes des législatives 2024
Marine Le PenPosition ancienne
Transformer le brevet en examen d’orientation après la 3e
Pas d’examen avant le collège dans son projet. Elle propose plutôt de faire du brevet un examen d’orientation après la 3e (général, professionnel ou apprentissage) et d’augmenter nettement les heures de cours en primaire, avec priorité absolue au français, aux mathématiques et à l’histoire.
Elle estime que le nombre d’heures de cours en primaire a baissé de près de 20 % depuis 1966 et que « le collège unique est une machine à échec ». Elle cite les tests des Journées défense et citoyenneté : près de 10 % des jeunes quasiment illettrés.
Différence avec Lisnard
Le Pen place l’examen après la 3e, pour orienter ; Lisnard le place avant la 6e, là où les lacunes se rattrapent encore, avec un accompagnement pour ceux qui échouent. Orienter à 15 ans un élève qui lisait mal à 11, c’est constater l’échec quatre ans trop tard. Lisnard remet aussi les heures de français et de mathématiques, le matin, avant d’examiner.
Mesures du livret école de 2022 ; ses annonces de 2026 reprennent les savoirs fondamentaux mais ne mentionnent ni examen de fin de primaire ni réforme du brevet.
- Projet de Marine Le Pen 2022 : livret « L’école » (PDF)
- Le Parisien, 7 octobre 2026 : les principales mesures des candidats pour l’éducation

