Dame · David Lisnard
Laisser les chefs d’établissement recruter et gérer leur budget
En clair
Les chefs d’établissement pourraient recruter leur équipe, choisir leurs méthodes, gérer leur budget et refuser les élèves perturbateurs. En échange, les résultats de chaque établissement seraient évalués et publiés.
Pourquoi
Lisnard estime que la gestion centralisée de l’Éducation nationale empêche chaque école de s’adapter à ses élèves. Pour lui, plus d’autonomie doit aller avec une obligation de résultats.
Le contexte
Aujourd’hui, les enseignants du public sont affectés par le ministère selon un barème national, et les chefs d’établissement ont peu de marge sur le recrutement.
Dans le détail
- 1Les enseignants pourraient choisir leur établissement et en changer.
- 2L’Éducation nationale se concentrerait sur la scolarité de 6 à 16 ans ; l’accueil des 1 à 6 ans reviendrait aux communes.
- 3Évaluation publique et régulière des résultats.
Ce qui fait débat
Pouvoir refuser des élèves perturbateurs pose la question de leur prise en charge : il faudrait des structures capables de les accueillir ailleurs.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur l’autonomie des chefs d’établissement
Ni recrutement par le chef d’établissement, ni budget autonome, ni publication des résultats. Place publique défend l’autonomie pédagogique des enseignants, à l’exemple de l’Estonie qui « laisse à ses enseignants l’entière liberté de choisir leurs méthodes pédagogiques », plus de personnels face aux élèves, moins de postes administratifs et une formation continue de droit sur le temps scolaire.
Après le rapport PISA 2025, Place publique dénonce des « méthodes imposées » et des « objectifs chiffrés » qui infantilisent les enseignants, et rappelle que « 45 % des élèves sont scolarisés dans un établissement en sous-effectif d’enseignants ». Pour elle, la priorité est de sauver l’école publique par les moyens, avant les réformes pédagogiques.
Différence avec Lisnard
Glucksmann veut la liberté pédagogique des professeurs et davantage d’adultes devant les élèves, sans toucher à l’organisation : le chef d’établissement ne choisit toujours ni son équipe ni son budget. Lisnard va au bout : il recrute, gère, décide, et répond de ses résultats, publiés. La liberté de méthode dans une équipe qu’on n’a pas choisie reste une liberté sur le papier.
Le projet de Place publique et ses propositions de 2026 ne traitent pas de l’autonomie de gestion des établissements.
- Place publique, 22 septembre 2026 : réaction au rapport PISA 2025
- LCP, 26 mai 2026 : les premières lignes de son programme (livre « Nous avons encore envie »)
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 33 « Un plan de sauvetage pour l’École »
Gabriel AttalPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur l’autonomie des établissements scolaires
Rien de connu sur un recrutement ou un budget confiés aux chefs d’établissement. Ses mesures vont plutôt vers des règles nationales : généralisation des groupes de niveau en français et en mathématiques, échelle nationale des sanctions avec un conseil de discipline dès le primaire, brevet obligatoire pour entrer en seconde.
Pour Renaissance, une échelle nationale des sanctions évite les écarts entre établissements et protège les enseignants en leur donnant une règle commune : chaque faute doit entraîner une sanction adaptée à l’âge et à la gravité de l’acte. Attal veut restaurer l’autorité de l’enseignant, fondée sur l’autorité du savoir.
Différence avec Lisnard
Attal ajoute des règles nationales, groupes de niveau, échelle des sanctions, brevet obligatoire ; Lisnard en retire, pour que chaque établissement s’adapte à ses élèves, et le juge sur ses résultats, publiés. L’échelle nationale des sanctions protège sur le papier ; le droit de refuser un élève perturbateur, et de recruter son équipe, protège la classe.
Ni ses entretiens d’août 2026 sur l’école ni les conventions de Renaissance n’évoquent l’autonomie de recrutement ou de gestion des établissements.
- LCP, 25 août 2026 : ce que propose Gabriel Attal pour l’école (entretien au Monde)
- Renaissance, convention « Une République ferme, une France apaisée » (26 mai 2025) : chapitre Sécurité
- Europe 1 / CNews, 26 novembre 2025 : Gabriel Attal dans « La France en face »
Jean-Luc Mélenchon
Rétablir un cadre national plutôt que l’autonomie des établissements
« Restaurer le cadre national du service public d’éducation » : rétablir le bac national, abroger les réformes du lycée et du collège, mettre fin « aux dispositifs d’évaluation et de contrôle permanent » et réaffirmer la liberté pédagogique. Personnels, parents et élèves seraient associés aux décisions.
Pour Mélenchon, la baisse du niveau prouve que les restrictions budgétaires « ont des conséquences graves » : deux établissements sur trois ont fait la rentrée 2026 avec une équipe pédagogique incomplète. La réponse tient selon lui aux moyens : titulariser, recruter et former les professeurs.
Différence avec Lisnard
Mélenchon restaure le cadre national et met fin aux évaluations ; Lisnard libère chaque établissement et l’évalue publiquement. Deux établissements sur trois ont fait la rentrée avec une équipe incomplète : l’affectation nationale par barème n’a pas pourvu les postes. Laisser les chefs d’établissement recruter, c’est précisément la réponse à ce constat.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 5, « Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation »
- Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, 9 septembre 2026 : « Déluge d’hypocrisie à propos des résultats du classement Pisa »
Marine Le PenPosition ancienne
Faire fixer par la loi les programmes, pas par chaque établissement
Faire fixer par le Parlement, « de manière concise et limitative », ce qui est attendu des élèves à la fin de chaque cycle, avec examens nationaux et inspections tous les deux ans. Côté discipline : sanctions planchers en conseil de discipline et plainte obligatoire du chef d’établissement.
Elle veut « limiter les ruptures d’égalité entre les établissements » et en finir avec la doctrine du « pas de vague ». La liberté promise aux professeurs passe par moins de bureaucratie, pas par un pouvoir de recrutement ou de budget donné aux chefs d’établissement.
Différence avec Lisnard
Le Pen fait tout fixer par la loi, programmes, sanctions, inspections, pour éviter les écarts entre établissements ; Lisnard libère chaque établissement, recrutement, budget, méthodes, et publie ses résultats. Soixante ans de centralisation ont produit les écarts qu’elle veut empêcher ; l’autonomie contrôlée par les résultats est la seule chose qu’on n’a pas essayée.
Détail du livret école de 2022, pas repris tel quel depuis ; en 2026 elle promet seulement de supprimer la bureaucratie de l’Éducation nationale.
- Projet de Marine Le Pen 2022 : livret « L’école » (PDF)
- Marine Le Pen, projet présidentiel 2022 : « M la France » (PDF)
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)

