Roi · David Lisnard
Donner le même financement à chaque élève, école publique ou privée
En clair
Le même financement public pour chaque élève, que la famille choisisse une école publique ou privée. Il serait mis en place progressivement, et les résultats des établissements seraient rendus publics.
Pourquoi
Lisnard veut que l’argent public suive le choix des parents. Il constate que trop d’élèves sortent du système sans diplôme et que le niveau en français et en mathématiques est faible dans les comparaisons internationales.
Le contexte
Aujourd’hui, l’État paie les enseignants des écoles privées sous contrat, mais les familles paient des frais de scolarité. Le modèle s’inspire notamment des « free schools » anglaises.
Dans le détail
- 1L’État garderait un socle commun obligatoire : lire, écrire, compter, histoire, géographie.
- 2Trois examens nationaux : à l’entrée en 6e, en fin de 3e et en fin de lycée.
- 3Bourses sociales et bourses au mérite maintenues.
- 4Le montant du chèque n’a pas été précisé.
Ce qui fait débat
Ses opposants craignent un transfert d’élèves et de moyens vers le privé, au détriment de l’école publique. Le programme présente la mesure comme neutre pour les finances publiques.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Imposer la mixité sociale à toute école financée par le contribuable
Pas de chèque éducation dans son programme. Glucksmann veut appliquer « le principe de mixité sociale à tous les établissements financés par le contribuable, y compris donc le privé », et intégrer le privé sous contrat à la carte scolaire. La priorité budgétaire va à « un plan de sauvetage de l’école publique » sur cinq ans.
Pour lui, l’école française reproduit le plus les inégalités en Europe et « maltraite le plus les enseignants ». L’école doit « donner à chaque élève les mêmes chances », selon Place publique, qui fait de l’éducation « la grande priorité nationale qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann impose la mixité au privé sous contrat ; Lisnard donne à chaque élève le même financement, public ou privé, et laisse les familles choisir. Le privé coûte aujourd’hui des frais de scolarité : le chèque y ouvre l’accès aux familles qui ne peuvent pas payer. La mixité par le choix des parents, plutôt que par l’affectation.
- France 24 (dépêche AFP), 24 mai 2026 : Glucksmann veut une convention citoyenne sur l’immigration
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 33 « Un plan de sauvetage pour l’École »
- Public Sénat, 24 août 2026 : fiscalité, école, immigration, ce que propose Raphaël Glucksmann
Gabriel AttalPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur le financement par élève du public et du privé
Rien de connu sur un financement identique par élève entre public et privé. Son plan pour l’école de 2026 investit dans le public : loi de programmation, moins de 20 élèves par classe au primaire, revalorisation des enseignants de 200 à 500 € net par mois, fermeture des 100 collèges les plus ségrégués.
Ancien ministre de l’Éducation nationale, Attal fait de l’école le premier chantier de sa campagne : il veut une loi de programmation et un ministre en poste cinq ans, après sept ministres en quatre ans depuis 2022, pour que l’école cesse de changer de cap.
Différence avec Lisnard
Attal met des moyens dans le système tel qu’il est, avec une loi de programmation et un ministre stable ; Lisnard change la règle : l’argent public suit l’élève, public ou privé, et l’établissement qui ne convainc pas perd des élèves au lieu de les retenir par la carte. Sept ministres en quatre ans : la stabilité, c’est aussi de ne plus dépendre d’un ministre.
Ses entretiens au Monde et au Figaro du 25 août 2026 ne parlent ni de chèque éducation ni du financement de l’enseignement privé.
- LCP, 25 août 2026 : ce que propose Gabriel Attal pour l’école (entretien au Monde)
- Sud Radio (AFP), 25 août 2026 : Attal veut un ministre pour cinq ans et rétablir le certificat d’études
Jean-Luc Mélenchon
Pénaliser le financement public des écoles privées qui trient
Appliquer un malus au financement public des écoles privées sous contrat qui contribuent à la ségrégation, interdire les subventions facultatives des collectivités au privé et abroger la loi Carle. À l’inverse, rendre l’école publique vraiment gratuite, cantine comprise.
Selon lui, les gouvernements Macron livrent l’école au marché. L’argent public doit garantir « une réelle égalité des conditions entre élèves sur tout le territoire » dans l’école publique, laïque et gratuite, et le programme refuse « les financements publics » aux « établissements confessionnels ».
Différence avec Lisnard
Mélenchon pénalise le privé sous contrat et lui coupe les subventions ; Lisnard finance chaque élève de la même façon, où que ses parents l’inscrivent. L’un veut que l’argent public aille à une institution ; l’autre, qu’il aille à l’élève. Une famille modeste a aujourd’hui moins accès au privé qu’une autre : le chèque corrige cet écart, le malus l’entérine.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 5, « Reconstruire une école globale pour l’égalité et l’émancipation »
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024)
- Plan « Comment nous allons remettre de l’ordre dans les comptes publics », Mélenchon 2027, octobre 2026
Marine Le PenPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur le financement du privé
Aucune proposition de financement par élève ni de chèque éducation. Sur les moyens, elle promet de « supprimer la bureaucratie de l’Éducation nationale » pour « libérer des moyens financiers, réduire les effectifs des classes et arrêter les fermetures d’écoles ».
Elle attribue la baisse du niveau à « une bureaucratie envahissante » et au nivellement par le bas, et veut concentrer l’argent public sur les classes (20 élèves au plus en grande section et au CP, 30 dans le secondaire selon son livret de 2022) plutôt que sur un mécanisme de choix entre public et privé.
Différence avec Lisnard
Le Pen supprime la bureaucratie de l’Éducation nationale pour financer les classes ; Lisnard aussi, et il change la règle du financement : le même montant par élève, public ou privé. Réduire la bureaucratie sans toucher au monopole d’affectation, c’est administrer mieux le même système ; faire suivre l’argent à l’élève, c’est en changer.
Ni le livret école 2022, ni le programme 2024, ni ses mesures de 2026 n’abordent le financement de l’enseignement privé.
- Le Parisien, 7 octobre 2026 : les principales mesures des candidats pour l’éducation
- Projet de Marine Le Pen 2022 : livret « L’école » (PDF)
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)

