Dix · David Lisnard
Suspendre six mois une charge sur le carburant pour le faire baisser
En clair
Suspendre pendant six mois l’obligation des certificats d’économies d’énergie (CEE) sur les carburants. Selon Lisnard, le prix baisserait d’environ 17 centimes par litre, sans coût pour le budget de l’État.
Pourquoi
Lisnard rappelle que les taxes représentent environ 60 % du prix du carburant. Il refuse les chèques carburant financés par l’emprunt, des « chèques sans provision » selon lui, et préfère retirer ce qui alourdit le prix.
Le contexte
Les certificats d’économies d’énergie obligent les vendeurs d’énergie, dont les distributeurs de carburant, à financer des travaux d’économies d’énergie : isolation, chauffage, transport. Ils répercutent ce coût sur leurs prix. Ce n’est pas un impôt : il n’apparaît pas dans le budget de l’État.
Dans le détail
- 1Chiffrage à 17 centimes par litre avancé sur RMC, le 21 avril 2026.
- 2Présentée le 22 septembre 2026 comme « la meilleure solution » face à la hausse des prix.
- 3Durée annoncée : six mois.
Ce qui fait débat
Sans coût pour l’État, la mesure n’est pas gratuite pour autant : pendant six mois, les travaux de rénovation énergétique financés par les CEE perdraient une partie de leurs ressources. Le gain exact par litre dépend aussi du prix des certificats, qui varie.
Source
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Tripler le chèque énergie plutôt que baisser les taxes sur le carburant
Face à la hausse des prix du carburant de septembre 2026, Glucksmann refuse une baisse générale des taxes et prône des aides « ciblées » : un « triplement du chèque énergie » réservé aux « classes populaires et moyennes qui ont besoin de leur voiture », en taxant Total et en plafonnant les marges pétrolières.
« On n’a pas besoin d’aider ceux qui partent en week-end avec leur grosse cylindrée », dit-il. Selon lui, « à chaque guerre, les multinationales-fossiles font des bénéfices énormes », et la transition écologique impose de « heurter de grands intérêts ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann triple le chèque énergie, qu’il faut demander et financer, et taxe les pétroliers. Lisnard ne distribue rien et ne taxe rien : il suspend six mois une charge qui pèse sur le litre, sans coût pour le budget. Le chèque trie les Français qui ont « besoin » de leur voiture ; la baisse du prix s’applique à tous ceux qui font le plein.
- LCP, 23 septembre 2026 : ce qu’il faut retenir du premier débat de la primaire de gauche
- LCP, 1er octobre 2026 : ce qu’il faut retenir du deuxième débat de la primaire de gauche
Gabriel Attal
Aider ceux qui travaillent plutôt que baisser les taxes sur le carburant
Face à la flambée de septembre 2026, Attal refuse une baisse générale des taxes ou de la TVA sur les carburants et défend des aides ciblées : verser l’aide aux gros rouleurs modestes aux 1,5 million d’éligibles qui ne l’ont pas demandée, et permettre aux employeurs de verser une aide carburant exonérée de charges et d’impôt.
Selon lui, une baisse non ciblée, « c’est favoriser les plus riches au détriment de ceux qui ont de faibles revenus », et les baisses d’impôts se paient plus tard « par plus d’impôts ou plus de dette ». Il chiffre la baisse de TVA voulue par le RN à 12 à 15 milliards d’euros et préfère accélérer l’électrification.
Différence avec Lisnard
Attal refuse de baisser les taxes et multiplie les aides ciblées, qu’il faut demander, instruire et financer. Lisnard refuse les chèques aussi, mais pour la raison inverse : il préfère retirer ce qui alourdit le prix. Suspendre six mois les certificats d’économies d’énergie ne coûte rien au budget de l’État et s’applique à tous, à la pompe, sans dossier à remplir.
- Entretien sur BFM TV repris sur le site de campagne, 21 septembre 2026 : accompagner ceux qui travaillent
- AFP (Connaissance des énergies), 22 septembre 2026 : la campagne percutée par la crise des carburants
- Entretien sur BFM TV repris sur le site de campagne, 15 juin 2026
- Entretien sur France 2 repris sur le site de campagne, 20 septembre 2026 : gérer l’urgence et préparer l’avenir
Jean-Luc Mélenchon
Plafonner le prix du carburant à 1,70 € et les marges des raffineurs
Imposer un prix maximal de 1,70 euro le litre à la pompe, en s’appuyant sur l’article L410-2 du Code de commerce (prix réglementés en cas de crise), et plafonner par la loi la marge des raffineurs pour ne pas fragiliser les stations-service. Il écarte une nationalisation des pétroliers, trop lente selon lui.
« Ce qui est en cause, c’est les marges », dit Mélenchon, qui accuse les groupes pétroliers d’avoir accru leurs profits au détriment des consommateurs. Il refuse de passer par une baisse de taxe, car rien ne garantit selon lui qu’elle serait intégralement répercutée sur le prix payé à la pompe.
Différence avec Lisnard
Mélenchon fixe le prix du litre à 1,70 € par décret et plafonne les marges, au risque de stations qui ferment ou de pénuries. Lisnard agit sur la seule part du prix que l’État maîtrise, les charges qu’il y a mises : six mois sans certificats d’économies d’énergie, 17 centimes de moins, zéro euro pour le budget. On ne commande pas au prix du pétrole ; on peut cesser d’y ajouter.
- Public Sénat, 23 septembre 2026 : Mélenchon face à la flambée des prix des carburants
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024), PDF publié par La France insoumise
Marine Le Pen
Baisser la TVA sur les carburants de 20 % à 5,5 % et suspendre les CEE
Ramener la TVA sur les carburants et l’énergie de 20 % à 5,5 %, et suspendre les certificats d’économies d’énergie (CEE) qui renchérissent artificiellement les prix. Le RN chiffre la baisse de TVA sur l’énergie à près de 11 milliards d’euros par an et refuse les chèques carburant.
Selon le RN, plus de la moitié du prix à la pompe est constituée de taxes et l’État tire 42 milliards d’euros par an de la fiscalité des carburants. Marine Le Pen porte la TVA à 5,5 % sur l’énergie depuis 2022 et l’a réaffirmée lors de la flambée des prix de septembre 2026.
Différence avec Lisnard
Le Pen et Lisnard veulent tous deux suspendre les certificats d’économies d’énergie. Le Pen y ajoute une TVA à 5,5 % sur l’énergie, 11 milliards par an à trouver dans un budget en déficit. Lisnard garde la seule mesure qui ne coûte rien à l’État et fait baisser le litre d’environ 17 centimes. Même refus des chèques ; mais une baisse de taxe financée par l’emprunt est un chèque différé.
- Pétition du Rassemblement national « Carburants : stop aux chèques, baissons les taxes ! » (automne 2026)
- Euronews, 23 septembre 2026 : la crise du carburant pèse sur la campagne présidentielle
- Contre-budget 2026 du groupe RN, conférence de presse du 23 octobre 2025 (PDF officiel)
- Assemblée nationale, question au gouvernement du 29 avril 2026 (Édouard Jordan, RN) : TVA sur les carburants à 5,5 %
