As · David Lisnard
Augmenter le salaire net en baissant les cotisations sociales
En clair
Baisser les cotisations sociales pour augmenter le salaire net, sans augmenter ce que paie l’employeur. Lisnard avance un gain d’environ 250 € par mois pour un salaire de 2 500 €, et jusqu’à 400 € selon ses estimations les plus hautes.
Pourquoi
En France, environ 47 € sont prélevés pour 100 € de richesse produite. Pour Lisnard, le problème du pouvoir d’achat n’est pas le manque d’aides, mais la part du salaire prélevée avant d’arriver sur la fiche de paie.
« Cotiser moins pour gagner plus. »
Le contexte
Entre ce qu’un salarié coûte à son entreprise et ce qu’il touche, la différence est faite de cotisations (retraite, santé, chômage…) et de CSG. Selon les chiffres qu’il cite, un salarié touche en moyenne 46 € nets pour 100 € versés par l’employeur.
Dans le détail
- 1Financement : les 120 milliards d’économies réservés aux actifs.
- 2Ordre de grandeur : 400 € par mois en janvier 2026, 250 € pour un salaire de 2 500 € en août 2026.
- 3Autre piste : rapprocher la CSG des actifs (9,2 %) de celle des inactifs (6,6 %).
- 4Pas de nouvelle aide ni de chèque : « c’est pas avec des chèques », dit-il.
Ce qui fait débat
Les cotisations financent la Sécurité sociale. Les baisser suppose de trouver ailleurs l’argent des retraites et de la santé, d’où le lien direct avec la baisse des dépenses.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Baisser la CSG sur les salaires pour rapprocher le net du brut
Baisser la CSG des salariés pour « rapprocher le salaire net du salaire brut », financée par une taxe sur les méga-héritages. Dans la version déposée par les députés socialistes en octobre 2026 : + 130 euros net par mois au SMIC. S’y ajoute un SMIC porté à 1 600 euros net en deux ans.
« Le travail ne paie plus assez », écrit Place publique : « un million de travailleurs vivent sous le seuil de pauvreté », des millions d’autres « peinent à boucler les fins de mois », et les métiers essentiels « ne sont pas reconnus à leur juste valeur ». Le projet veut « créer un choc salarial ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann baisse la CSG des salariés, 130 € au SMIC, en la faisant payer par un impôt sur les héritages, et relève le SMIC par décret. Lisnard baisse les cotisations pour tous les salaires, 250 € à 2 500 €, sans toucher au coût du travail ni créer d’impôt : l’argent vient des économies. Un SMIC décrété se paie en emplois ; un net qui monte parce que l’État prélève moins ne coûte à personne.
- LCP, 1er octobre 2026 : ce qu’il faut retenir du deuxième débat de la primaire de gauche
- LCP, 14 octobre 2026 : la CSG progressive voulue par les socialistes, rejetée par les députés en commission
- LCP, 27 août 2026 : ce qu’il faut retenir du premier débat entre les candidats, devant le Medef
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 16 « Pour que le travail paie à nouveau »
Gabriel Attal
Rapprocher le net du brut en supprimant des cotisations salariales
Un « choc de salaires » dès le début du mandat : réduire directement les cotisations salariales pour gagner environ 250 € nets par mois au salaire médian (2 200 €), l’équivalent d’un 13e mois. Financement « à l’euro près » par des économies sur le modèle social (retraites, assurance chômage, arrêts maladie), sans TVA sociale patronale.
Pour Attal, « l’écart entre le net et le brut est devenu un scandale français » : « un salarié touche à peine plus de la moitié de ce que verse son patron ». Il estime que la protection sociale est « payée par ceux qui travaillent » et finance de plus en plus ceux qui ne travaillent pas.
Différence avec Lisnard
Sur le net, les deux hommes disent presque la même chose, jusqu’au chiffre de 250 €. Le financement les sépare : Attal compte sur des économies « sur le modèle social » et sur la productivité de l’IA ; Lisnard adosse la hausse aux 120 milliards réservés aux actifs dans un plan d’économies déjà réparti. Il avait d’ailleurs posé « cotiser moins pour gagner plus » avant que le « droit au brut » n’existe.
- Entretien au Télégramme repris sur le site de campagne, 22 juillet 2026 : choc de salaires et droit au brut
- Programme 2027 : chantier « Travail & salaires »
- Entretien aux Échos repris sur le site de campagne, 17 juin 2026 : une rupture économique
- Entretien sur franceinfo repris sur le site de campagne, 18 juin 2026 : IA, pouvoir d’achat et climat
Jean-Luc Mélenchon
Porter le SMIC à 1 700 € nets sans toucher aux cotisations sociales
Augmenter le salaire par le haut : « Le Smic passera à 1 700 euros », a-t-il annoncé à Saint-Denis le 7 juin 2026, avec « une Sécurité sociale intégrale, gérée par ses cotisants ». Pas de baisse des cotisations : il veut revenir à « autre chose que la TVA sociale » pour financer la protection sociale.
« Il faut augmenter les salaires, il faut augmenter le Smic », a-t-il lancé aux patrons du Medef : sans hausse des salaires, la France tombera en récession selon lui. La Sécurité sociale est pour Mélenchon « un modèle » dont il veut étendre le principe, pas une charge à alléger.
Différence avec Lisnard
Mélenchon relève le SMIC à 1 700 € par décret et ne touche pas aux cotisations : la hausse est à la charge de l’employeur, qui embauchera moins ou augmentera ses prix. Lisnard relève le net de tous les salariés en prélevant moins, 250 € à 2 500 €, sans alourdir le coût du travail d’un centime. Le premier déplace l’argent de l’entreprise vers le salarié ; le second le déplace de l’État vers le salarié.
- Discours de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, 7 juin 2026 (texte intégral sur melenchon.fr)
- LCP, 27 août 2026 : ce qu’il faut retenir du premier débat des candidats, organisé par le Medef
- LCP, 14 octobre 2026 : le contre-budget de LFI pour 2027 (106,4 milliards de recettes, 81,7 milliards de dépenses nouvelles)
Marine Le PenPosition ancienne
Exonérer de cotisations patronales les hausses de salaire de 10 %
Permettre aux entreprises d’augmenter de 10 % les salaires jusqu’à trois fois le SMIC, en les exonérant de cotisations patronales sur cette hausse pendant trois à cinq ans. Pour un salarié payé 24 000 € nets par an, l’entreprise économiserait 2 100 € de cotisations.
Selon Marine Le Pen, les employeurs qui voudraient augmenter leurs salariés en sont empêchés par les charges et les effets de seuil. Elle agit sur le salaire brut plutôt que sur les cotisations salariales, et maintient les aides comme la prime d’activité pendant la durée de l’exonération.
Différence avec Lisnard
Le Pen exonère les employeurs qui augmentent de 10 % : la hausse dépend du bon vouloir de chaque patron, et la mesure date de 2022, non reprise. Lisnard agit sur ce que l’État prélève lui-même : les cotisations salariales baissent pour tous, 250 € à 2 500 €, sans attendre une décision de l’employeur. Le salaire net monte parce que l’État prend moins, pas parce qu’on espère qu’un autre donne plus.
Mesure des programmes de 2022 et 2024. Pas reprise publiquement en 2026 à notre connaissance : le plan du 6 octobre 2026 n’a pas détaillé ses 30 milliards de baisses d’impôts.
- Programme du Rassemblement national pour les législatives 2024 (PDF officiel)
- Livret « La France entreprend », projet de Marine Le Pen (version 2022 rééditée en 2024)
- LCP, 24 juin 2024 : Jordan Bardella dévoile le programme du RN pour les législatives

