Dame · David Lisnard
Regrouper les aides sociales en une seule allocation plafonnée
En clair
Regrouper les aides sociales en une seule allocation, plafonnée à un pourcentage du SMIC. Les aides ne seraient plus versées à l’étranger, ni aux personnes condamnées pour délinquance.
Pourquoi
Lisnard veut qu’un salarié à temps plein gagne toujours au moins 500 € de plus qu’une personne qui vit des aides. Il souligne que le nombre d’allocataires du RSA a augmenté de 50 % en dix ans.
Le contexte
Aujourd’hui, un foyer peut cumuler plusieurs aides (RSA, prime d’activité, aides au logement…), calculées chacune selon ses propres règles. Le pourcentage du SMIC retenu pour le plafond n’a pas été précisé.
Dans le détail
- 1Écart garanti d’au moins 500 € entre le plus petit salaire à temps plein et le plus haut revenu d’assistance.
- 2Condition de 5 ans de séjour régulier pour les aides non contributives : 8 milliards d’économies par an selon lui.
- 3Annonce faite au meeting de Saint-Raphaël, le 3 juillet 2026.
Ce qui fait débat
Un plafond peut faire baisser le revenu de certains foyers, notamment les familles nombreuses ou les personnes qui ne peuvent pas travailler. Tout dépendra du niveau retenu.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Aller vers un minimum social unique, ouvert aussi aux moins de 25 ans
Ouvrir « une grande conférence sociale pour aller vers un minimum social unique, accessible à toutes et tous, y compris pour les moins de 25 ans », en harmonisant « droits, montants et accès, sous une gestion unifiée », avec un dossier social unique pour automatiser l’accès aux droits.
Pour Place publique, « un système trop complexe laisse des millions de Français seuls face aux galères et à la pauvreté » ; il faut le rendre « plus simple, plus juste, plus durable » et « garantir la continuité des droits ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann et Lisnard veulent tous deux simplifier les aides en une seule. Mais Glucksmann ouvre une conférence pour en discuter, sans plafond, sans condition, et l’étend aux moins de 25 ans ; Lisnard décide : un plafond en pourcentage du SMIC et 500 € d’écart garanti avec un salaire. La simplification de l’un ajoute des droits ; celle de l’autre garantit que travailler rapporte plus.
Pas de plafond ni de condition liée à la résidence ou au casier judiciaire dans le projet ; Glucksmann n’a pas détaillé la mesure lui-même dans les débats de 2026 lus.
Jouer ce thème contre GlucksmannGabriel Attal
Geler un an toutes les prestations sociales, sauf les petites retraites
Pas d’allocation unique plafonnée, mais un « frein d’urgence » sur les dépenses sociales : une « année blanche » dès le budget 2028 gèlerait les prestations, en protégeant les petites retraites. En 2024, il avait annoncé la bascule des 300 000 bénéficiaires de l’ASS vers le RSA et 15 heures d’activité pour tous les allocataires du RSA.
Pour lui, « le travail doit payer » : la protection sociale est « payée par ceux qui travaillent » et finance de plus en plus ceux qui ne travaillent pas. Les deux tiers des 150 milliards d’économies doivent venir des dépenses sociales, que son programme impute à « l’absence de contrôle de notre modèle social ».
Différence avec Lisnard
Attal gèle les prestations pendant un an, ce qui touche tous les allocataires de la même façon et ne change rien à l’empilement des aides. Lisnard change la règle plutôt que le calendrier : une allocation unique, un plafond, et un écart garanti d’au moins 500 € avec un salaire à temps plein. L’année blanche passe ; l’écart entre travail et assistance, lui, reste inscrit.
Aucune fusion ni plafonnement des aides dans son programme 2027 ; l’« allocation sociale unique » évoquée fin 2025 est un projet du gouvernement Lecornu, pas d’Attal.
- Entretien au Parisien repris sur le site de campagne, 3 juillet 2026 : zéro déficit en 2037
- Entretien sur France 2 repris sur le site de campagne, 20 septembre 2026 : gérer l’urgence et préparer l’avenir
- Entretien sur franceinfo repris sur le site de campagne, 18 juin 2026 : IA, pouvoir d’achat et climat
- Public Sénat, 30 janvier 2024 : les annonces du discours de politique générale
Jean-Luc Mélenchon
Créer une garantie d’autonomie au niveau du seuil de pauvreté
Plutôt que plafonner les aides, garantir un revenu au niveau du seuil de pauvreté : son contre-budget 2027 chiffre à 9,5 milliards une garantie d’autonomie de 1 337 euros par mois pour les jeunes. Le NFP l’ouvrait dès 18 ans à tous les ménages sous le seuil de pauvreté et annulait les réformes du RSA.
Mélenchon part d’un constat de 10 millions de pauvres, 300 000 sans-domicile et de files d’attente alimentaires. Il voit dans ces allocations de l’argent « qui se remet en circulation » dans l’économie, donc un levier de relance plutôt qu’une dépense à plafonner.
Différence avec Lisnard
Mélenchon crée une garantie d’autonomie de 1 337 € par mois pour les jeunes, 9,5 milliards, et élargit le RSA. Lisnard fusionne les aides, les plafonne, et garantit qu’un salarié à temps plein gagne au moins 500 € de plus que quelqu’un qui n’en touche aucune. L’un voit dans l’allocation un moteur de relance ; l’autre rappelle que le RSA compte 50 % d’allocataires de plus en dix ans, et que c’est le travail qui sort de la pauvreté.
- Public Sénat, 14 octobre 2026 : Mélenchon table sur 106 milliards de recettes et 82 milliards de dépenses nouvelles pour 2027
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024), PDF publié par La France insoumise
- Blog de Jean-Luc Mélenchon, 15 octobre 2026 : « Tirer les comptes publics de l’ornière libérale »
- L’Avenir en commun (programme 2022) : chapitre « Éradiquer la pauvreté »
Marine Le Pen
Réserver le RSA et les aides aux étrangers ayant travaillé cinq ans
Plutôt qu’une allocation unique, réserver les prestations non contributives (RSA, prime d’activité, AAH, aides au logement) aux étrangers ayant travaillé cinq ans en France, et les allocations familiales aux Français, par référendum si nécessaire. Gain attendu dans le contre-budget 2026 : 6,1 milliards d’euros.
C’est la « priorité nationale », pilier du plan du 6 octobre 2026 : 15 milliards d’euros d’économies en 2027 et 29 milliards en année pleine. Le RN veut réduire la dépense sociale sans baisser les aides des Français ; il prévoit aussi de suspendre les allocations familiales des parents de mineurs délinquants récidivistes.
Différence avec Lisnard
Le Pen conditionne les aides à la nationalité ou à cinq ans de travail, par référendum si nécessaire, mais ne touche ni au nombre des aides ni à leur plafond. Lisnard pose aussi une condition de séjour, 8 milliards selon lui, et va plus loin : une seule allocation, plafonnée, avec 500 € d’écart garanti avec un salaire. L’une trie les bénéficiaires ; l’autre garantit, pour tous, que travailler rapporte plus.
- Contre-budget 2026 du groupe RN, conférence de presse du 23 octobre 2025 (PDF officiel)
- Programme du Rassemblement national pour les législatives 2024 (PDF officiel)
- Public Sénat, 6 octobre 2026 : 140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032, « l’effort radical » de Marine Le Pen
- Institut Montaigne, législatives 2024 : chiffrage de la mesure RN sur le RSA et les prestations de solidarité

