Dame · David LisnardPas tranché
Monter la TVA à 25 % pour baisser les charges sur les salaires
En clair
Monter progressivement la TVA jusqu’à un taux unique de 25 % en douze ans, et utiliser cette hausse pour baisser en parallèle les charges sur les salaires.
Le programme précise lui-même que le sujet « n’a pas été tranché » par ses groupes de travail.
Pourquoi
La TVA s’applique aussi aux produits importés, alors que les charges sur les salaires ne pèsent que sur ce qui est produit en France. Selon le programme, basculer de l’une vers les autres rétablirait l’équité face aux importations et améliorerait les revenus des agriculteurs, des indépendants, des artisans et des commerçants.
Le contexte
C’est le principe de la « TVA sociale », régulièrement débattu en France depuis le milieu des années 2000. Le taux normal de TVA est aujourd’hui de 20 %. Le programme cite l’Allemagne et le Danemark comme exemples de pays ayant mené ce type de réforme.
Dans le détail
- 1Taux visé : 25 %, un taux unique, atteint progressivement en douze ans.
- 2Contrepartie : une baisse des charges sur les salaires menée en même temps.
- 3Garde-fou affiché : la réforme ne doit pas alourdir le poids total des prélèvements obligatoires.
- 4Le programme précise que le sujet « n’a pas été tranché » par ses groupes de travail et demande encore des analyses.
- 5La mesure ne figure pas dans la FAQ officielle de 2026, qui met en avant le financement par la baisse des dépenses.
Ce qui fait débat
La TVA pèse proportionnellement plus sur les ménages modestes, qui consomment une plus grande part de leurs revenus. Un taux unique à 25 % signifierait aussi la fin des taux réduits, par exemple sur l’alimentation (5,5 % aujourd’hui).
Source
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur la TVA pour financer les baisses de charges
Son levier pour alléger les prélèvements sur les salaires n’est pas la TVA mais la CSG, baissée pour les salariés et compensée par une taxe sur les méga-héritages. Place publique veut par ailleurs supprimer les exonérations de TVA et de taxe sur le kérosène.
Place publique veut un « grand chantier fiscal visant à rééquilibrer la répartition de la taxation entre le travail, le capital, l’héritage et les retraites », pour sortir d’une « impasse injuste qui favorise les héritiers ou les retraités aisés aux détriments des travailleurs ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann ne dit rien de la TVA : il baisse la CSG des salariés grâce à un impôt sur les héritages. Lisnard, lui, a mis l’option sur la table et écrit lui-même qu’elle n’est pas tranchée. Il y a une différence entre une piste assumée et documentée, taux, durée, garde-fou sur les prélèvements, et un silence. Et sa FAQ de 2026 finance les salaires par les économies, pas par la TVA.
Ni le projet de Place publique ni les débats de 2026 que nous avons lus n’évoquent le taux de TVA ou une TVA sociale.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 16 « Pour que le travail paie à nouveau »
- LCP, 27 août 2026 : ce qu’il faut retenir du premier débat entre les candidats, devant le Medef
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 12 « Relier les territoires par des transports durables » (TVA et kérosène)
Gabriel Attal
Refuser la TVA sociale et baisser directement les cotisations salariales
Attal « refuse la piste d’une TVA sociale patronale » : plutôt que de basculer des charges sur la TVA, il veut réduire directement les cotisations salariales, financées par des économies sur le modèle social. Le projet Renaissance réserve les baisses de TVA à des cibles précises (véhicules électriques à 5,5 %, entreprises de réparation).
Il refuse d’alourdir la fiscalité : la baisse des cotisations doit être payée par des « économies structurelles » (arrêts maladie, gel des prestations) et par la productivité. Le projet Renaissance veut par ailleurs « détaxer massivement le travail » pour porter le salaire médian d’environ 2 000 à 3 000 € par mois.
Différence avec Lisnard
Attal écarte la TVA sociale après l’avoir laissée entendre en 2025 ; sa baisse de cotisations repose sur des économies encore à réaliser. Lisnard, lui, ne prétend pas avoir tranché : son programme dit que la piste reste à l’étude, et sa FAQ de 2026 finance les salaires par la baisse des dépenses. Même prudence sur la TVA ; chez Lisnard, elle est écrite noir sur blanc.
En juillet 2025, des médias lui prêtaient l’idée d’une TVA sociale affectée aux salaires ; aux Échos, en juin 2026, il l’écarte.
- Entretien aux Échos repris sur le site de campagne, 17 juin 2026 : une rupture économique
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique », 21 juillet 2025
- Entretien au Télégramme repris sur le site de campagne, 22 juillet 2026 : choc de salaires et droit au brut
Jean-Luc Mélenchon
Refuser la TVA sociale et supprimer la TVA sur les produits de base
L’inverse : « nous en reviendrons à autre chose que la TVA sociale qui sournoisement a été imposée par Macron », a-t-il dit à Saint-Denis. Les députés LFI ont fait voter fin 2025 la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité, que le programme de 2022 finançait par une « TVA grand luxe ».
Pour les insoumis, la TVA est une taxe « socialement injuste » : les ménages modestes y consacrent une part plus grande de leurs revenus. Mélenchon veut financer la Sécurité sociale par ses cotisations, « gérée par ses cotisants », et non par un impôt sur la consommation.
Différence avec Lisnard
Mélenchon refuse la TVA sociale et supprime la TVA sur les produits de base, financée en 2022 par une « TVA grand luxe ». Lisnard ne tranche pas non plus et l’écrit : la piste reste à l’étude, avec un garde-fou, aucun alourdissement des prélèvements. Sa FAQ de 2026 finance les salaires par la baisse des dépenses. L’un oppose un refus de principe ; l’autre une analyse publiée, et un choix qu’il assume de ne pas avoir fait.
- Discours de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, 7 juin 2026 (texte intégral sur melenchon.fr)
- franceinfo, novembre 2025 : les députés votent la suppression de la TVA sur les produits de première nécessité
- L’Avenir en commun (programme 2022) : chapitre « Faire la révolution fiscale »
Marine Le Pen
Refuser toute hausse de la TVA, « l’impôt le plus injuste »
Marine Le Pen s’oppose à la TVA sociale, une hausse de la TVA pour financer une baisse des cotisations : en juin 2025, elle a menacé de censurer le gouvernement Bayrou s’il l’adoptait. Le RN veut au contraire baisser la TVA sur l’énergie à 5,5 % et la supprimer sur 100 produits de première nécessité.
Pour elle, « la TVA sociale c’est l’augmentation de l’impôt qui frappe le plus injustement les plus modestes ». Son spécialiste du budget Jean-Philippe Tanguy juge que « la TVA est l’impôt le plus injuste », parce que les classes moyennes et populaires en paient proportionnellement plus que les hauts revenus.
Différence avec Lisnard
Le Pen menace de censure quiconque touche à la TVA et promet de la baisser sur l’énergie et cent produits. Lisnard ne prétend pas avoir tranché : la piste est écrite dans son programme avec son garde-fou, pas d’alourdissement des prélèvements, et sa FAQ de 2026 finance les salaires par les économies. Refuser d’étudier une option n’est pas une politique fiscale ; l’étudier à découvert en est une.
- 24matins, 1er juin 2025 : Marine Le Pen menace d’une motion de censure en cas de TVA sociale (entretien BFMTV-RMC)
- Sud Radio, 28 mai 2025 : Jean-Philippe Tanguy, « défavorable à la TVA sociale »
- Contre-budget 2026 du groupe RN, conférence de presse du 23 octobre 2025 (PDF officiel)

