Valet · David Lisnard
Rendre plus de terrains constructibles, y compris ceux de l’État
En clair
Supprimer l’objectif « zéro artificialisation nette », mettre en vente ou à disposition les terrains publics, et créer un bonus pour les communes qui densifient et un malus pour l’étalement urbain.
Pourquoi
Pour Lisnard, la loi ZAN rend les terrains rares et donc chers, ce qui bloque aussi bien la construction de logements que l’installation d’usines.
« Sans foncier, comment construire des logements et faciliter les implantations industrielles ? »
Le contexte
La loi Climat et résilience (2021) impose de diviser par deux la consommation d’espaces naturels et agricoles d’ici 2031, puis d’atteindre « zéro artificialisation nette » en 2050.
Dans le détail
- 1Bonus à la densification, malus à l’étalement urbain.
- 2Confier le zonage du logement aux collectivités et accélérer la récupération des terrains (propositions de l’AMF, juin 2025).
- 3Son plan de réindustrialisation commence aussi par libérer le foncier.
Ce qui fait débat
Le ZAN vise à protéger les terres agricoles et naturelles et à limiter le bétonnage des sols. Sa suppression relance la question de l’étalement des villes, que le malus proposé cherche justement à freiner.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Défendre le ZAN et aider les communes à acheter du foncier
« Défendre résolument les objectifs du zéro artificialisation nette », en sortant « d’une logique purement comptable », reconvertir des friches, interdire les nouvelles méga-surfaces commerciales, et créer un fonds national pour que les collectivités achètent du foncier et densifient les zones périurbaines.
Pour Place publique, il faut « repenser l’aménagement du territoire pour mettre la nature au cœur des villes et villages et relocaliser l’activité », avec « une approche démocratique et écologique de l’usage des sols fondée sur des solutions travaillées avec les territoires ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann défend le ZAN et crée un fonds national pour que les communes achètent du foncier : l’État paie la rareté que sa propre norme a produite. Lisnard supprime la norme, libère les terrains publics, et garde un bonus pour la densification et un malus pour l’étalement. Protéger les sols sans bloquer le pays, c’est ce que fait un bonus-malus ; un fonds de rachat ne fait que renchérir la pénurie.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 11 « Une révolution écologique par et pour les citoyens »
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 31 « Faire un plan Marshall pour le logement »
Gabriel Attal
Densifier les villes plutôt qu’artificialiser : jusqu’à 500 000 logements
Le projet Renaissance maintient l’objectif de « réduire drastiquement l’artificialisation des sols » et mise sur la surélévation, la division des parcelles et les constructions en second rideau, « jusqu’à 500 000 logements supplémentaires » en zones denses, plus la transformation des zones commerciales de périphérie en quartiers mixtes.
Selon le projet, « construire plus loin n’est plus soutenable » : la surélévation réduit l’empreinte carbone de 60 % par rapport au neuf, et les zones commerciales pèsent chaque année 10 à 15 % de l’artificialisation en France. Premier ministre, Attal voulait « faciliter la densification, lever les contraintes sur le zonage ».
Différence avec Lisnard
Attal maintient le zéro artificialisation nette et mise tout sur la surélévation et la division des parcelles, une position de convention de 2025 qu’il n’a pas reprise. Lisnard récompense la densification par un bonus, mais refuse d’en faire la seule issue : il supprime le ZAN, vend les terrains publics et pénalise l’étalement. Un pays qui veut rouvrir des usines ne peut pas se contenter de surélever ses immeubles.
Position de la convention de Renaissance (juillet 2025) présentée par Attal ; il ne s’est pas exprimé sur la suppression du ZAN en 2026.
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique », 21 juillet 2025
- Banque des Territoires (Localtis), 30 janvier 2024 : une France à débureaucratiser et déverrouiller
- Public Sénat, 30 janvier 2024 : les annonces du discours de politique générale
Jean-Luc Mélenchon
Construire sur l’existant : friches, bureaux vides et foncier public
Pas de nouveaux terrains : encadrer les prix du foncier contre la spéculation, renforcer les établissements publics fonciers, mobiliser le foncier public pour le logement social, transformer bureaux, entrepôts et bâtiments publics inutilisés en 50 000 logements par an et réquisitionner les logements vacants.
Pour Mélenchon, plus de 35 % des logements visés doivent venir du parc existant, et la construction neuve a un impact écologique (gaz à effet de serre, artificialisation des sols, déchets). Les insoumis ont combattu en 2025 les dérogations au ZAN, un objectif « revendiqué par le monde agricole pour la protection des terres ».
Différence avec Lisnard
Mélenchon refuse tout nouveau terrain et mobilise le foncier public pour le seul logement social ; Lisnard le libère pour tous les projets, logements comme usines, et supprime le ZAN qui le rend rare et cher. Il garde un malus contre l’étalement : densifier et réquisitionner ne sont pas les deux seules options. Sans foncier, ni logement ni réindustrialisation ; la rareté organisée n’a jamais fait baisser un prix.
Le plan logement ne se prononce pas sur l’objectif ZAN lui-même ; l’opposition à ses dérogations vient du groupe LFI à l’Assemblée (avril 2025).
- Plan « BTP et logement », site de campagne Mélenchon 2027, 24 septembre 2026
- Groupe LFI à l’Assemblée, 10 avril 2025 : contre le projet de loi de simplification (ZAN, Ademe, OFB)
- L’Avenir en commun (programme 2022) : chapitre « L’organisation de l’État au service de la planification écologique »
Marine Le Pen
Supprimer le ZAN et offrir les terrains publics aux constructeurs
Supprimer le « zéro artificialisation nette », une « norme idéologique » selon elle, et offrir les terrains publics aux constructeurs, à charge pour eux d’y bâtir « des milliers d’appartements » à loyer modéré. Elle veut aussi convertir 9 millions de m² de bureaux vides en logements.
Pour Marine Le Pen, il faut « libérer la construction » : le ZAN et des normes comme la RE 2020 raréfient le foncier et renchérissent les logements. Elle veut faire du logement « un des grands chantiers » de son quinquennat.
Différence avec Lisnard
Le Pen et Lisnard suppriment le ZAN et ouvrent les terrains publics. Lisnard y ajoute ce qui répond d’avance à l’accusation de bétonnage : un bonus pour les communes qui densifient, un malus pour l’étalement, et le zonage rendu aux élus locaux. Supprimer une norme sans garder son objectif rouvre un débat ; le garder autrement le clôt.
- AFP (Sud Radio), 13 septembre 2026 : Le Pen met la priorité nationale au centre d’un « grand chantier » sur le logement
- Batiweb, septembre 2026 : les propositions logement de Marine Le Pen pour 2027
- Public Sénat, 14 septembre 2026 : le plan logement de Marine Le Pen défendu par Laurent Jacobelli

