Valet · David Lisnard
Supprimer les agences publiques qui font doublon avec l’État
En clair
Supprimer les agences et opérateurs publics jugés redondants, comme les directions régionales de l’environnement ou les agences régionales de santé, et recentrer l’État sur la sécurité, la justice, la défense et la diplomatie.
Pourquoi
D’après son discours de Bayeux, l’État s’est éclaté en plus de 1 200 agences et opérateurs, qui coûtent environ 100 milliards d’euros par an et emploient près de 500 000 agents. Lisnard leur reproche de décider sans être élus ni responsables devant les électeurs.
« La force de l’État ne se mesure pas à l’étendue de ce qu’il administre. »
Le contexte
Ces organismes ont été créés au fil des années pour gérer des missions précises : environnement, santé, emploi, logement… Selon Lisnard, 420 000 à 440 000 agents y ont été recrutés en 25 ans.
Dans le détail
- 1Exemple qu’il cite souvent : sept agences environnementales peuvent chacune bloquer un projet, mais aucune ne peut l’autoriser seule.
- 2Le vrai coût, dit-il, ne se voit pas dans le budget : ce sont les projets abandonnés et les délais.
- 3Les missions utiles reviendraient aux ministères, aux préfets ou aux collectivités.
Ce qui fait débat
Supprimer une agence ne supprime pas sa mission : une partie du travail et des agents serait transférée ailleurs. L’économie réelle dépend donc de ce qu’on arrête vraiment de faire.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur les agences de l’État
Le projet de Place publique ne propose pas de supprimer des agences : il veut en créer une (Agence industrielle du numérique et de l’IA), supprimer l’échelon zonal de la police nationale, jugé « inutile et coûteux », et « mettre fin à la dépendance de l’État aux cabinets de conseil ».
Pour Place publique, les services publics « sont trop souvent traités comme une charge à réduire ou à externaliser » ; le projet veut « une puissance publique rétablie dans ses prérogatives » et la fin des « logiques néo-managériales » qui mettent les administrations en concurrence entre elles et avec le privé.
Différence avec Lisnard
Glucksmann n’a pas de proposition sur les agences de l’État, sinon d’en créer une de plus pour le numérique. Lisnard part de leur poids réel, 1 200 organismes, 100 milliards par an, 500 000 agents, et rapatrie leurs missions utiles vers les ministères, les préfets et les élus, qui rendent des comptes. On peut vouloir une puissance publique rétablie ; encore faut-il qu’elle ait un visage et un responsable.
Le projet de Place publique et les comptes rendus de ses débats de 2026 n’abordent pas les agences et opérateurs de l’État en tant que tels.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 22 « Sauver nos services publics »
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantiers 7 (agence du numérique et de l’IA) et 29 (échelon zonal de la police)
Gabriel Attal
Revoir les autorités de régulation et supprimer les comités inactifs
Le projet Renaissance de 2025 prévoit « une revue des entités de régulation », dont certaines « pourront être supprimées » si elles ne servent pas la simplification, et un ministre de la Simplification. Premier ministre, Attal avait annoncé la suppression automatique des organismes et comités ne s’étant pas réunis depuis douze mois.
La consultation de Renaissance pose que « la France compte plus de 1 200 agences publiques aux missions souvent redondantes » et que l’État consacre 2,5 % du PIB à son administration, plus que la moyenne européenne. Attal vise 100 000 postes en moins dans l’État et les collectivités, mais n’a pas publié de liste d’agences à fermer.
Différence avec Lisnard
Attal retient le même chiffre de 1 200 agences, mais s’en tient à « une revue » des régulateurs et à la fermeture des comités qui ne se réunissent plus, sans nommer d’agence à supprimer. Lisnard désigne ses cibles, directions régionales de l’environnement, agences régionales de santé, et chiffre l’enjeu à 100 milliards par an : la différence est entre un inventaire et une décision.
Mesure de la convention de Renaissance (juillet 2025) présentée par Attal ; la suppression des comités inactifs date de son discours de politique générale de 2024. Aucune agence nommément visée en 2026.
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique », 21 juillet 2025
- Consultation « Nouvelle République » de Renaissance : finances publiques
- Banque des Territoires (Localtis), 30 janvier 2024 : une France à débureaucratiser et déverrouiller
Jean-Luc Mélenchon
Défendre les agences de l’État visées par les coupes budgétaires
Aucune suppression d’agence à son programme. Il dénonce dans le budget 2027 la baisse d’un tiers des crédits de l’Ademe et les suppressions de postes prévues dans les agences de l’eau, le Cerema, l’IGN et l’Office français de la biodiversité ; son contre-budget rétablit 7 milliards de crédits ministériels.
Pour Mélenchon, ce budget est une « purge austéritaire » qui prive l’État écologique de moyens d’agir. Le programme du Nouveau Front populaire, qu’il a porté en 2024, prévoyait au contraire de pourvoir les postes manquants « dans les services et les agences de l’État ».
Différence avec Lisnard
Mélenchon défend les agences une à une et rétablit leurs crédits ; aucun doublon n’est admis. Lisnard part d’un exemple que les élus connaissent : sept agences peuvent bloquer un projet, aucune ne peut l’autoriser. Il rend leurs missions aux ministères, aux préfets, aux collectivités, c’est-à-dire à des responsables identifiés. Défendre les moyens d’agir de l’État, c’est d’abord lui rendre le pouvoir de décider.
Position déduite de ses critiques du budget 2027 et du programme NFP de 2024 : il ne s’est pas prononcé sur les agences en général ni sur d’éventuels doublons.
- Blog de Jean-Luc Mélenchon, 6 octobre 2026 : « Que contient le dernier budget de la Macronie ? »
- Groupe LFI à l’Assemblée, 10 avril 2025 : contre le projet de loi de simplification (ZAN, Ademe, OFB)
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024), PDF publié par La France insoumise
- LCP, 14 octobre 2026 : le contre-budget de LFI pour 2027 (106,4 milliards de recettes, 81,7 milliards de dépenses nouvelles)
Marine Le Pen
Supprimer la quasi-totalité des agences de l’État, dont l’Ademe et l’Anah
Mettre fin à « la quasi-totalité des agences et autres organismes parasites », parmi lesquels l’Ademe, l’Anah et l’ANR : 3,4 milliards d’euros d’économies dès 2027, plus de 10 milliards en 2031. Le programme de 2024 prévoyait déjà la suppression des agences régionales de santé.
Selon Marine Le Pen, la réorganisation de l’État doit rapporter 20,7 milliards d’euros dès 2027. Dans son contre-budget 2026, le RN proposait déjà de baisser de 20 % les subventions à certaines agences et opérateurs, soit 7,7 milliards d’euros.
Différence avec Lisnard
Le Pen veut supprimer « la quasi-totalité » des agences, pour 3,4 milliards dès 2027 : un chiffre modeste au regard de l’ampleur annoncée. Lisnard cible les doublons avec l’État, en nomme les premiers, et explique où vont les missions : ministères, préfets, collectivités. Supprimer sans dire qui reprend le travail, c’est déplacer la facture ; la trier, c’est la réduire.
- Public Sénat, 6 octobre 2026 : 140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032, « l’effort radical » de Marine Le Pen
- Acteurs publics, 6 octobre 2026 : la réforme de l’État et des collectivités au cœur des économies du RN
- Contre-budget 2026 du groupe RN, conférence de presse du 23 octobre 2025 (PDF officiel)
- Programme du Rassemblement national pour les législatives 2024 (PDF officiel)

