Roi · David Lisnard
Reverser 60 % des économies en hausse des salaires nets
En clair
Lisnard a fixé à l’avance l’usage des 200 milliards : 120 milliards pour augmenter les salaires nets, 40 milliards pour baisser les impôts des entreprises et 40 milliards pour rembourser la dette.
Pourquoi
Annoncer la répartition avant de faire les économies permet, selon lui, de vérifier qu’elles ne serviront pas à financer de nouvelles dépenses. Il donne la priorité aux salaires parce que la France prélève plus que ses voisins sur la richesse produite.
« Soixante pour cent aux gens qui travaillent. »
Le contexte
La même clé de répartition s’appliquerait aux 80 milliards de la première année. Les montants ont varié selon les interventions : en avril 2026, il parlait de 100 milliards répartis de la même façon.
Dans le détail
- 1Salaires : baisse des cotisations sociales, donc plus de salaire net sans hausse du coût pour l’employeur.
- 2Entreprises : suppression en priorité de la C3S, une taxe calculée sur le chiffre d’affaires.
- 3Dette : 40 milliards par an consacrés au désendettement.
- 4Annonce faite au meeting de Saint-Raphaël, le 3 juillet 2026.
Ce qui fait débat
Le débat porte sur l’ordre des priorités : réduire d’abord le déficit, ou rendre d’abord du pouvoir d’achat. Lisnard choisit le second et compte sur l’arrêt de la hausse des dépenses pour faire baisser la dette.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Financer la hausse des salaires nets par une taxe sur les méga-héritages
Pas d’économies à répartir, mais un impôt fléché : baisser la CSG sur les salaires « pour les salariés » en prenant l’argent « chez les grands, les méga-héritiers ». La taxe viserait le 1 % des plus gros héritages, au-delà de 2 millions d’euros, pour 15 milliards d’euros reversés sur les fiches de paie.
Glucksmann veut « mettre fin à toute forme de sécession des ultrariches » et bâtir un « nouveau contrat social et fiscal favorable aux travailleurs ». Place publique écrit que « ce dont nous héritons compte désormais plus que ce que nous construisons par une vie de labeur ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann finance la hausse du net par un impôt nouveau sur les gros héritages, 15 milliards attendus. Lisnard ne crée rien : les 120 milliards rendus aux salariés viennent d’économies sur la dépense, dont la répartition est annoncée d’avance. Dans un cas, la fiche de paie dépend du rendement d’une taxe à inventer ; dans l’autre, d’un effort que l’État fait sur lui-même.
- LCP, 27 août 2026 : ce qu’il faut retenir du premier débat entre les candidats, devant le Medef
- franceinfo, 25 août 2026 : augmenter les salaires en taxant les plus gros héritages, la proposition de Glucksmann est-elle réaliste ?
- LCP, 5 octobre 2026 : ce qu’il faut retenir du dernier débat de la primaire de gauche
- LCP, 26 mai 2026 : Glucksmann dévoile les premières lignes de son programme (livre « Nous avons encore envie »)
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 16 « Pour que le travail paie à nouveau »
Gabriel Attal
Financer le « droit au brut » par des économies sur le modèle social
Pas de clé de répartition : les 150 milliards d’économies vont d’abord au retour à l’équilibre en dix ans. La hausse du net (environ 250 € par mois au salaire médian) serait financée « à l’euro près » par une suppression de cotisations compensée par des économies sur le modèle social et par les gains de productivité de l’IA.
Attal décrit « l’écart entre le net et le brut » comme « un scandale français » : « un salarié touche à peine plus de la moitié de ce que verse son patron ». Il refuse d’alourdir la fiscalité et veut que le désendettement comme la hausse des salaires soient payés par la réforme du modèle social.
Différence avec Lisnard
Attal promet lui aussi 250 € de plus par mois, mais sans dire quelle part des économies ira aux salaires, au désendettement ou aux entreprises : la hausse du net dépend d’économies encore à trouver et de gains de productivité attendus de l’IA. Lisnard a publié sa clé avant de commencer, 120, 40 et 40 milliards, ce qui permettra de vérifier chaque année où va l’argent.
- Entretien au Télégramme repris sur le site de campagne, 22 juillet 2026 : choc de salaires et droit au brut
- Lettre aux Français sur les finances publiques, site de campagne, 15 octobre 2026
- Entretien aux Échos repris sur le site de campagne, 17 juin 2026 : une rupture économique
Jean-Luc Mélenchon
Faire payer le capital pour financer les salaires et les services publics
Pas d’économies à répartir : les recettes de son contre-budget (ISF climatique 10 milliards, taxe Zucman 15, héritages 20, niches fiscales 22, fin de la flat tax 9) financent 17 milliards de hausse du point d’indice des fonctionnaires, un SMIC à 1 700 euros nets et une garantie d’autonomie pour les jeunes.
« Le capital financier a profité et c’est lui qui doit payer », dit Mélenchon. Il met en garde : avec le budget Lecornu et l’inflation alimentaire, « si vous n’augmentez pas les salaires, la France va tomber en récession ». Selon lui, taxer le capital n’a pas d’effet récessif, à l’inverse des impôts sur les producteurs.
Différence avec Lisnard
Mélenchon augmente les salaires par le haut, SMIC à 1 700 € et point d’indice, financés par des impôts nouveaux sur le capital. Lisnard augmente le net par le bas : l’État prélève moins sur la fiche de paie, et l’a chiffré, 120 milliards, pris sur ses propres dépenses. Un SMIC décrété renchérit l’emploi ; un net relevé par moins de prélèvements ne coûte rien à l’employeur.
- LCP, 14 octobre 2026 : le contre-budget de LFI pour 2027 (106,4 milliards de recettes, 81,7 milliards de dépenses nouvelles)
- LCP, 27 août 2026 : ce qu’il faut retenir du premier débat des candidats, organisé par le Medef
- Blog de Jean-Luc Mélenchon, 15 octobre 2026 : « Tirer les comptes publics de l’ornière libérale »
Marine Le Pen
Consacrer 30 milliards aux baisses d’impôts et le reste à la dette
En plus des 140 milliards d’économies nettes, le plan prévoit 30 milliards d’euros de baisses d’impôts et 15 milliards de dépenses provisionnées pour des « droits nouveaux ». Le reste de l’effort va à la réduction du déficit, pour ramener la dette de 121 % du PIB en 2027 à 112 % en 2032.
Pour Marine Le Pen, la priorité est de ramener les comptes publics à l’équilibre primaire en dix-huit mois et de repasser sous les 3 % de déficit en 2030, avant de rendre du pouvoir d’achat. Elle n’a pas détaillé, le 6 octobre 2026, quels impôts baisseraient.
Différence avec Lisnard
Le Pen réserve 30 milliards aux baisses d’impôts, sans dire lesquels, et met le reste sur la dette. Lisnard affecte 60 % des économies aux salaires nets, et l’a écrit avant de commencer. Dans un cas, les Français sauront plus tard ce qui leur revient ; dans l’autre, ils peuvent déjà le calculer sur leur fiche de paie.
Plan présenté le 6 octobre 2026 ; la répartition précise des 30 milliards de baisses d’impôts n’a pas été publiée.
- AFP (Sud Radio), 6 octobre 2026 : Le Pen promet un effort « radical » de 140 milliards net
- Public Sénat, 6 octobre 2026 : 140 milliards d’euros d’économies d’ici 2032, « l’effort radical » de Marine Le Pen
- Euronews, 7 octobre 2026 : le gouvernement tire à boulets rouges sur le contre-budget de Marine Le Pen

