Roi · David LisnardÀ préciser
Ne plus augmenter avec l’inflation les retraites de plus de 2 000 €
En clair
Ne plus revaloriser chaque année avec l’inflation les pensions supérieures à 2 000 € par mois. L’argent ainsi dégagé servirait à réduire la dépense sociale et à lancer l’étage de retraite par capitalisation.
Ni le montant économisé, ni la durée du gel, ni le partage entre baisse de la dépense et capitalisation n’ont été précisés.
Pourquoi
Les retraites pèsent près de 14 % du PIB, soit environ 345 milliards d’euros versés en 2021 selon les chiffres qu’il cite. Avec 1,7 cotisant par retraité contre plus de 4 en 1960, Lisnard juge que les pensions les plus élevées doivent participer à l’effort.
Le contexte
Les pensions de base sont en principe revalorisées chaque année selon l’inflation. Ne plus les indexer revient à les geler en euros : tant que les prix montent, leur pouvoir d’achat baisse un peu chaque année.
Dans le détail
- 1Seuil retenu : 2 000 € de pension par mois. En dessous, l’indexation serait maintenue.
- 2C’est l’une des pistes de baisse des dépenses sociales citées pour atteindre les 200 milliards d’économies.
- 3Le 11 octobre 2026, il la présente aussi comme le moyen d’alimenter la retraite par capitalisation.
- 4Il conteste également l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions, qu’il juge difficile à justifier.
Ce qui fait débat
Un gel prolongé fait perdre du pouvoir d’achat chaque année aux retraités concernés, d’autant plus si l’inflation repart. Ses partisans répondent qu’il vise les pensions au-dessus de la moyenne et épargne les plus modestes.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de mesure connue sur la revalorisation des pensions
Ni gel ni désindexation des pensions dans ce qu’il a présenté. Le projet de Place publique promet des « pensions décentes » et « un meilleur équilibre budgétaire » du système, obtenu notamment par davantage de cotisants, avec une nouvelle gouvernance où les partenaires sociaux seraient majoritaires.
Selon Place publique, la réforme de 2023 est injuste mais le système reste fragilisé : « ne rien changer le mettrait en péril ». Un Haut Conseil du pilotage des retraites ajusterait le système « sans être l’otage des zig zags politiques ». Pour dégager des recettes, Glucksmann vise plutôt « les 1 % des plus gros héritages », soit 15 milliards d’euros selon lui.
Différence avec Lisnard
Glucksmann promet des pensions décentes et l’équilibre, confiés à un Haut Conseil, sans demander d’effort à aucun retraité : les recettes viendraient des héritiers. Lisnard dit à qui il demande : aux pensions supérieures à 2 000 €, au-dessus de la moyenne, et pour quoi, financer la retraite des actifs d’aujourd’hui. Un Haut Conseil ajuste sans décider ; un candidat qui nomme l’effort avant l’élection, lui, peut être tenu pour responsable après.
Le projet de Place publique et ses interventions de 2026 ne disent rien de l’indexation des pensions sur l’inflation ni d’un effort demandé aux pensions élevées.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chapitre « Des retraites justes pour une solidarité intergénérationnelle »
- Public Sénat, 24 août 2026 : fiscalité, école, immigration, ce que propose Raphaël Glucksmann
Gabriel Attal
Geler un an toutes les prestations sociales, sauf les petites retraites
Une « année blanche » sur l’ensemble des prestations sociales, retraites comprises, dès le premier budget de 2028, en épargnant les petites retraites. Elle s’inscrit dans un plan de 120 à 150 milliards d’euros d’économies, dont les deux tiers sur les dépenses sociales, avec des réformes des retraites, des arrêts maladie et de l’assurance chômage.
Selon Attal, les dépenses sociales ne sont plus maîtrisées et pèsent trop sur ceux qui travaillent. Dès 2025, il jugeait que l’indexation automatique et pleine de toutes les pensions n’était pas intangible, alors qu’il avait promis en juin 2024, comme Premier ministre, de les revaloriser systématiquement avec l’inflation.
Différence avec Lisnard
Attal gèle un an toutes les prestations, retraites, allocations familiales, aides au logement, avec un seuil de « petites retraites » qu’il n’a pas fixé, après avoir promis l’inverse comme Premier ministre en 2024. Lisnard fixe le seuil, 2 000 € par mois, épargne tout ce qui est en dessous, et dit à quoi sert l’argent : baisser la dépense et lancer la capitalisation. Une année blanche passe ; une règle claire reste.
Ni la durée du gel ni le seuil des « petites retraites » épargnées n’ont été rendus publics.
- Acteurs publics, 3 juillet 2026 : Attal propose 100 000 fonctionnaires en moins (entretien au Parisien du 2 juillet)
- Les Échos, 2025 : entretien « Je propose un choc de 40 milliards de hausse sur les salaires »
- Institut Montaigne, législatives 2024 : réindexer les pensions sur l’inflation (engagement d’Attal sur RTL, 17 juin 2024)
Jean-Luc Mélenchon
Indexer toutes les pensions sur l’inflation, puis sur les salaires
Refuser toute désindexation : dès le budget 2027, indexer sur l’inflation toutes les pensions, allocations familiales et APL, porter la pension minimum au niveau du SMIC pour une carrière complète et, à terme, indexer les retraites sur les salaires. Aucune mesure ne vise les pensions supérieures à 2 000 €.
Pour Mélenchon, le pouvoir d’achat des ménages baisse depuis deux années consécutives, « ce qui est inédit depuis près d’un demi-siècle » : la relance passe par les revenus des classes populaires, pensions comprises. Le groupe LFI compte 1,8 million de retraités pauvres.
Différence avec Lisnard
Mélenchon indexe toutes les pensions, les plus élevées comprises, puis les aligne sur les salaires : 345 milliards qui montent mécaniquement, payés par 1,7 cotisant par retraité. Lisnard ne touche pas aux pensions sous 2 000 € et demande un effort au-dessus, pour financer la retraite des actifs d’aujourd’hui. Protéger les retraités modestes et protéger toutes les retraites ne sont pas la même politique ; la seconde se paie par les salaires des jeunes.
- Plan « Comment nous allons remettre de l’ordre dans les comptes publics », Mélenchon 2027, octobre 2026
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 8, « Garantir une retraite digne »
- Niche parlementaire LFI 2026 : « Augmenter les salaires et les retraites », 5 octobre 2026
Marine Le Pen
Refuser tout gel des pensions, même les plus élevées
Maintenir l’indexation de toutes les pensions sur l’inflation : les députés RN ont voté en novembre 2025 contre le gel des retraites de base prévu au budget 2026, et Marine Le Pen promet de trouver ses 140 milliards d’économies « pas sur les droits des Français ni sur leurs pensions de retraite ».
Pour elle, « la désindexation, c’est la violation de la loi ». Elle reproche aux gouvernements de toujours chercher les économies chez les retraités, « les malades, les fonctionnaires », et préfère viser les agences de l’État, la fraude, l’immigration et la contribution à l’Union européenne.
Différence avec Lisnard
Le Pen protège toutes les pensions, les plus hautes comprises, et cherche ses 140 milliards ailleurs. Lisnard demande un effort aux seules pensions supérieures à 2 000 €, au-dessus de la moyenne, pour financer la retraite des actifs d’aujourd’hui. Avec 1,7 cotisant par retraité et près de 14 % du PIB en pensions, exempter les retraites de tout effort revient à le faire porter entièrement par ceux qui travaillent.
- LCP, 20 août 2026 : budget 2027, vers un gel partiel des pensions de retraite ?
- Capital, 16 septembre 2026 : Marine Le Pen sur LCI, « 125 milliards d’économies en tapant dans le gras »
- Le Parisien, 12 novembre 2025 : les députés rejettent le gel des pensions de retraite

