As · David Lisnard
Compléter les retraites par une épargne collective obligatoire
En clair
Garder une base par répartition et y ajouter une retraite par capitalisation, obligatoire et collective, négociée par branche et par entreprise. Pas de nouveau recul de l’âge de départ.
Pourquoi
Lisnard juge la réforme de 2023 trop limitée parce qu’elle ne joue que sur l’âge. Selon lui, la répartition dépend trop du nombre d’actifs par retraité, ce qui oblige à des réformes à répétition.
« Il faut un étage obligatoire de retraite par capitalisation. »
Le contexte
Dans la répartition, les cotisations des actifs paient directement les pensions des retraités. Dans la capitalisation, chacun épargne pour sa propre retraite et l’argent est placé.
Dans le détail
- 1Trois étages : un socle par répartition, une capitalisation obligatoire et collective, une capitalisation facultative.
- 2Pour lancer le système : ne plus indexer sur l’inflation les pensions supérieures à 2 000 € par mois.
- 3Il conteste aussi l’abattement fiscal de 10 % appliqué aux pensions.
- 4Il estime que la répartition ne peut tenir sans une natalité plus forte.
Ce qui fait débat
La transition coûte cher : pendant des années, il faut à la fois payer les pensions actuelles et épargner pour les futures. Et une épargne placée dépend de la santé des marchés financiers.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de position connue sur la retraite par capitalisation
Glucksmann ne s’est pas prononcé sur une épargne retraite obligatoire. Il veut abroger la réforme de 2023, revenir à 62 ans comme âge légal et réformer la répartition avec les partenaires sociaux, selon la pénibilité et l’espérance de vie : certains partiraient dès 60 ans, d’autres plus tard.
Pour Place publique, le système par répartition est « un trésor national » à préserver, mais il est fragilisé : il faut plus de cotisants (seniors, immigration légale de travail). Glucksmann refuse de faire de l’âge légal « le totem absolu » et veut fonder la réforme sur les inégalités de conditions et d’espérance de vie.
Différence avec Lisnard
Glucksmann revient à 62 ans et compte sur davantage de cotisants, seniors et immigration de travail, pour sauver la répartition. Lisnard ne demande pas à la démographie ce qu’elle ne donne plus : 1,7 cotisant par retraité aujourd’hui, plus de 4 en 1960. Il garde la répartition comme socle et y ajoute un étage de capitalisation obligatoire et collectif, sans toucher à l’âge, ni dans un sens ni dans l’autre. Revenir à 62 ans coûte ; ne pas rouvrir l’âge ne coûte rien.
Ni le projet de Place publique ni ses interventions de 2026 sur les retraites n’évoquent la capitalisation ; la carte donne sa ligne sur la répartition.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chapitre « Des retraites justes pour une solidarité intergénérationnelle »
- LCP, 9 octobre 2026 : quelles différences entre les candidats à la primaire socialiste
- LCP, 19 juin 2026 : qui propose quoi sur les retraites
- Public Sénat, 24 août 2026 : fiscalité, école, immigration, ce que propose Raphaël Glucksmann
Gabriel Attal
Ajouter un pilier de capitalisation et supprimer l’âge légal de départ
Remplacer l’âge légal par un système universel fondé sur la durée de cotisation, avec une vraie décote et une vraie surcote, complété par un pilier de capitalisation. L’État verserait 1 000 € à chaque enfant à la naissance sur un compte de capitalisation, que la famille pourrait abonder. Son parti évoque l’épargne d’entreprise ou un fonds souverain, sans trancher sur un caractère obligatoire.
Pour Attal, on n’en est plus à bouger les paramètres ou les curseurs : il faut changer de système, pour qu’un euro cotisé ouvre les mêmes droits à tous et que chacun choisisse son moment de départ. Renaissance ajoute que, compte tenu de la démographie, la capitalisation serait cinq fois plus efficace pour les cotisants que la répartition et fournirait les capitaux longs qui manquent à l’économie.
Différence avec Lisnard
Attal change tout le système, âge légal compris, et laisse ouverte la seule question qui compte pour l’étage de capitalisation : obligatoire ou non. Lisnard ne rouvre pas l’âge et tranche : un étage obligatoire, collectif, négocié par branche, financé par la désindexation des pensions au-dessus de 2 000 €. Un compte de 1 000 € ouvert à la naissance met cinquante ans à devenir une retraite ; un étage obligatoire en fait une dès le premier salaire.
- LCP, 10 novembre 2025 : Gabriel Attal prône une « véritable révolution » des retraites
- Public Sénat, 30 septembre 2026 : ce que proposent les principaux candidats sur les retraites
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique » (21 juillet 2025) : chapitre Nouveau modèle économique, retraite par investissement
Jean-Luc Mélenchon
Refuser la capitalisation et revenir à la retraite à 60 ans
Abroger la réforme de 2023 dès 2027, puis revenir sur un mandat à la retraite à 60 ans à taux plein avec 40 annuités, financée par répartition : hausse de 0,25 point par an des cotisations vieillesse et cotisations sur les dividendes, l’intéressement et l’épargne salariale.
Pour Mélenchon, « il n’y a pas d’alternative à la retraite par répartition » : ceux qui pensent que la capitalisation les libérera de la démographie « se trompent ». Il préfère partager la richesse privatisée et augmenter la population active, par la natalité et l’immigration.
Différence avec Lisnard
Mélenchon finance la retraite à 60 ans par des cotisations qui montent chaque année : la mécanique même qui fait dépendre les pensions du nombre d’actifs, 1,7 par retraité aujourd’hui contre plus de 4 en 1960. Lisnard garde la répartition comme socle et y ajoute un étage qui ne dépend pas de la démographie, obligatoire et collectif. Sans nouvelle hausse d’âge, et sans nouvelle hausse de cotisations sur la fiche de paie.
- Entretien à La Tribune Dimanche, 10 mai 2026 (repris sur melenchon.fr)
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 8, « Garantir une retraite digne »
- Plan « Comment nous allons remettre de l’ordre dans les comptes publics », Mélenchon 2027, octobre 2026
Marine Le Pen
Créer un pilier de retraite par capitalisation et partir entre 60 et 62 ans
Ajouter à la répartition « un véritable pilier de capitalisation », individuel et collectif, dont elle présentera les modalités le 17 novembre 2026, tout en ramenant l’âge légal « entre 60 et 62 ans en fonction de l’âge d’entrée sur le marché du travail », avec 40 à 42 annuités pour le taux plein.
Selon elle, l’équilibre des retraites passe d’abord par une hausse du taux d’activité, notamment des jeunes. Elle promet « entre 15 et 20 milliards d’économies à terme » en corrigeant des « mesures injustes ou inefficaces » du système actuel, pour financer sa propre réforme.
Différence avec Lisnard
Même étage de capitalisation, mais Le Pen y ajoute un retour à 60-62 ans qui coûte, et renvoie les modalités au 17 novembre : obligatoire ou volontaire, par branche ou individuel, on ne sait pas. Lisnard a tranché, obligatoire, collectif, négocié par branche, et financé par la désindexation des pensions au-dessus de 2 000 €. Et il ne rouvre pas l’âge, ni dans un sens ni dans l’autre : la réforme de 2023 a assez coûté au pays.
Le contenu du pilier de capitalisation (obligatoire ou volontaire, par branche ou individuel) doit être détaillé le 17 novembre 2026.
- Public Sénat, 6 octobre 2026 : Marine Le Pen présente son contre-budget, 140 milliards d’économies d’ici 2032
- BFMTV, 6 octobre 2026 : Marine Le Pen dévoile son projet de redressement des comptes publics
- franceinfo, 14 octobre 2026 : Marine Le Pen présentera sa réforme des retraites le 17 novembre

