Roi · David Lisnard
Doubler le nombre d’étudiants en médecine d’ici 2030
En clair
Doubler le nombre d’étudiants en médecine d’ici 2030, supprimer Parcoursup, simplifier l’entrée en études de santé et permettre aux étudiants d’exercer sous supervision dès la 5e année.
Pourquoi
Environ 90 000 jeunes veulent devenir médecins chaque année, alors que les déserts médicaux s’étendent. Lisnard attribue la pénurie à des décennies de numerus clausus et à l’affaiblissement de la médecine libérale.
Le contexte
Le numerus clausus, qui fixait le nombre d’étudiants admis en deuxième année, a été remplacé en 2021 par un système plus souple. Les capacités de formation restent pourtant limitées.
Dans le détail
- 1Ouvrir aux étudiants tous les lieux de stage, publics comme privés.
- 2Accès direct aux infirmiers, kinés et pharmaciens, sans passer par le médecin.
- 3Mieux rembourser les consultations dans les zones qui manquent de médecins.
- 4Il refuse d’obliger les médecins à s’installer dans certaines zones : selon lui, ils partiraient à l’étranger.
Ce qui fait débat
Former un médecin prend une dizaine d’années, ce que Lisnard reconnaît. La mesure n’aurait donc d’effet qu’à long terme, et suppose assez d’enseignants et de terrains de stage.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Former les médecins dans les territoires et soutenir leur installation
Former « localement pour soigner équitablement », en intégrant les hôpitaux non universitaires et les centres de soins au parcours de formation ; soutenir l’installation, encourager l’exercice mixte hôpital-ville et les structures regroupées ; multiplier maisons de santé, dispensaires et permanences mobiles en zone rurale. Pas d’objectif chiffré d’étudiants.
Vivre dans un désert médical « entraîne un accès restreint aux soins, une espérance de vie réduite et une santé dégradée », selon le projet de Place publique. Il veut redonner « du sens au soin et des moyens à ceux qui le portent », mieux rémunérer les soignants et en finir avec la tarification à l’acte à l’hôpital.
Différence avec Lisnard
Former localement, Lisnard le fait aussi en ouvrant tous les lieux de stage, publics et privés. Mais Glucksmann ne dit pas combien ; Lisnard dit deux fois plus d’ici 2030, Parcoursup supprimé, et des étudiants qui soignent sous supervision dès la 5e année. 90 000 jeunes veulent devenir médecins chaque année : le problème n’est pas de les répartir, c’est de les former.
Mesures du projet de Place publique ; Glucksmann n’a pas avancé de chiffre sur le nombre d’étudiants en médecine.
Jouer ce thème contre GlucksmannGabriel AttalPosition ancienne
Former deux fois plus de médecins : 16 000 par an en 2027
Le programme d’Ensemble pour les législatives de 2024, présenté par Attal alors Premier ministre, revendique la fin du numerus clausus pour doubler le nombre de médecins formés, 16 000 en 2027 contre 8 000 en 2017, et promet à chaque Français un médecin de garde à moins de 30 minutes de chez lui.
Réduire les déserts médicaux est l’objectif affiché. Comme Premier ministre, Attal voulait aussi régulariser les médecins étrangers déjà présents en France et nommer un émissaire pour en recruter à l’étranger.
Différence avec Lisnard
Attal revendique un doublement des médecins formés entre 2017 et 2027, sous les gouvernements auxquels il a participé, et 87 % du territoire manque encore de médecins. Lisnard double de nouveau d’ici 2030, et agit sur ce qui soigne tout de suite : exercice supervisé dès la 5e année, accès direct aux infirmiers, kinés et pharmaciens, consultations mieux remboursées là où les médecins manquent. Le doublement d’Attal est celui d’hier ; les déserts sont ceux d’aujourd’hui.
Engagement des législatives de 2024 ; aucun nouvel objectif chiffré de médecins formés dans ses prises de position de 2025-2026 consultées.
- Programme d’Ensemble pour les législatives 2024 (site de campagne, présenté par Gabriel Attal)
- LCP, 30 janvier 2024 : les principales annonces de la déclaration de politique générale de Gabriel Attal
Jean-Luc Mélenchon
Ouvrir plus de places en médecine et réguler l’installation des médecins
Financer l’augmentation du nombre de places en faculté de médecine « en partant des besoins », créer des écoles normales de santé dans les territoires, recruter des médecins publics pour un réseau de centres de santé, réguler l’installation des médecins et abolir Parcoursup. Ni objectif chiffré ni date.
Le programme veut « actionner tous les leviers pour combattre les déserts médicaux », y compris l’obligation pour tous les médecins de participer à la permanence des soins. Pour LFI, près d’un tiers de la population vit dans un désert médical et deux tiers des jeunes médecins cherchent un poste salarié.
Différence avec Lisnard
Les deux suppriment Parcoursup et ouvrent les facultés. Mélenchon régule l’installation des médecins ; Lisnard s’y refuse, parce qu’un médecin contraint part à l’étranger ou cesse d’exercer en libéral. Il préfère mieux rembourser les consultations là où les médecins manquent, et mettre les étudiants en exercice supervisé dès la 5e année. Mélenchon ne donne ni chiffre ni date ; Lisnard double d’ici 2030.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 15, « Faire passer la santé d’abord et reconstruire les établissements de santé publics »
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024)
- La France insoumise, 12 janvier 2026 : déserts médicaux, une médecine de proximité gérée par les communes
- Plan « Comment nous allons remettre de l’ordre dans les comptes publics », Mélenchon 2027, octobre 2026
Marine Le Pen
Former plus de médecins en mettant fin au numerus apertus
Augmenter le nombre d’étudiants en médecine en supprimant le numerus apertus, le plafond de places fixé par les universités, et ouvrir « un nombre de places suffisantes » en faculté pour réduire le recours aux médecins diplômés hors Union européenne. Aucun objectif chiffré ni date.
Le RN veut résorber les déserts médicaux, où vivent selon son livret santé de 2022 7,4 millions de Français, en complétant la formation par une consultation mieux rémunérée dans les zones sous-dotées et par la télémédecine.
Différence avec Lisnard
Le Pen ouvre « un nombre suffisant » de places, sans dire combien ni quand. Lisnard dit deux fois plus d’étudiants d’ici 2030, Parcoursup supprimé, et, en attendant qu’ils arrivent, l’exercice supervisé dès la 5e année et l’accès direct aux infirmiers, kinés et pharmaciens. Les deux refusent d’obliger les médecins à s’installer ; seul l’un des deux a un chiffre.
Mesure du programme du RN de 2024 ; Marine Le Pen a remis le numerus clausus en débat lors d’une table ronde sur la santé à Creutzwald, le 31 janvier 2026.
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)
- Projet de Marine Le Pen 2022 : livret « La santé » (PDF)
- Le Quotidien du Médecin, 12 février 2026 : déserts médicaux, numerus clausus, Marine Le Pen s’empare de la santé

