As · David Lisnard
Punir dès la première infraction, sans réduction de peine automatique
En clair
Sanctionner dès la première infraction, supprimer les réductions de peine automatiques, rétablir des peines minimales pour les récidivistes et créer une vraie perpétuité.
Pourquoi
Selon son programme, les coups et blessures ont augmenté de 51 % depuis 2017 et les tentatives d’homicide de 90 %. Lisnard affirme aussi que 40 % des peines de prison ne sont toujours pas exécutées au bout de six mois.
Le contexte
Les peines planchers ont existé de 2007 à 2014. Depuis 2023, les réductions de peine ne sont plus automatiques : le juge les accorde selon le comportement du détenu.
Dans le détail
- 1Doubler les effectifs des tribunaux correctionnels et numériser la chaîne judiciaire.
- 2Doubler le nombre de procureurs.
- 3Budget de la justice : 0,20 % du PIB selon le programme, le plus faible d’Europe.
- 410,9 juges pour 100 000 habitants en France, contre une médiane européenne de 17,7.
Ce qui fait débat
Des sanctions plus systématiques supposent plus de magistrats et de places de prison, sinon des tribunaux et des prisons déjà saturés ne suivront pas. D’où sa promesse de 20 000 places.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Juger les petits délits localement, par la médiation et les TIG
Un « choc de la justice de proximité » : délits mineurs et infractions du quotidien traités localement par la médiation, les travaux d’intérêt général et des sanctions pédagogiques ; déploiement massif de la justice restaurative ; doublement des maisons du droit et de la justice ; plus d’effectifs judiciaires. Rien sur les peines minimales ou les réductions de peine.
Selon Place publique, « aucun coup de menton ne suffira à arrêter le crime » : la justice est « épuisée, surchargée, sous-financée » et doit devenir plus proche et plus rapide. Glucksmann revendique « une politique sans naïveté aucune sur la sécurité » et, après les violences d’octobre 2026, une réponse « extrêmement ferme » : « l’Etat de droit n’est pas la faiblesse ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann traite les délits du quotidien par la médiation et les travaux d’intérêt général ; Lisnard veut qu’une première infraction entraîne une sanction, sans réduction automatique, avec des peines minimales pour les récidivistes. La médiation suppose qu’une peine existe au bout si elle échoue ; avec 40 % des peines de prison non exécutées à six mois, elle n’existe pas. Lisnard commence par rendre la sanction réelle, et double les procureurs pour cela.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 30 « Rendre la justice plus proche des citoyens et plus efficace »
- Public Sénat, 19 novembre 2025 : au congrès des maires, « une politique sans naïveté aucune sur la sécurité »
- France 24 (dépêche AFP), 19 octobre 2026 : Glucksmann appelle à une réponse « extrêmement ferme » aux violences
Gabriel Attal
Des seuils de peine dès le premier acte, sans juge d’application des peines
Ramener les quelque 200 peines existantes à quatre types (prison ferme, probation, amende, interdiction ou obligation) avec des seuils minimaux, pour que chacun soit sanctionné dès le premier acte. Supprimer le juge d’application des peines au profit d’un service administratif chargé de faire exécuter la peine prononcée, qui déciderait des aménagements selon des critères précis.
Renaissance veut en finir avec le sentiment d’impunité : des verdicts trop lointains, des peines inadaptées ou non exécutées, une politique pénale dictée par la surpopulation carcérale. Le parti cite 7 détenus sur 10, déjà deux fois récidivistes, qui recommencent dans les quatre ans, et reproche au juge d’application des peines de rejuger seul ce qui a été jugé collégialement.
Différence avec Lisnard
Attal réécrit l’échelle des peines et remplace le juge d’application des peines par un service administratif : une refonte qui prendra un quinquennat avant la première décision. Lisnard fait appliquer ce qui existe : sanction dès la première infraction, peines minimales pour les récidivistes, fin des réductions automatiques, et les moyens de le faire, deux fois plus de procureurs et de tribunaux correctionnels. Quand 40 % des peines de prison ne sont pas exécutées à six mois, le problème n’est pas la nomenclature.
- Renaissance, convention « Une République ferme, une France apaisée » (26 mai 2025) : chapitre Justice
- Europe 1 / CNews, 26 novembre 2025 : Gabriel Attal dans « La France en face »
Jean-Luc Mélenchon
Ni peines planchers ni peines automatiques : miser sur la prévention
Abroger les « lois sécuritaires inefficaces », renforcer les moyens humains de la prévention spécialisée et confier au Parlement l’orientation de la politique pénale par un débat annuel avec vote. Pour LFI, « les peines planchers et les peines automatiques ne doivent exister dans aucun domaine ».
Mélenchon dénonce « l’échec complet des politiques sécuritaires, continuellement renforcées sans jamais aucun bilan ». Pour lui, ce sont les coupes budgétaires qui alimentent le crime, quand manquent les moyens de la justice et de la police judiciaire.
Différence avec Lisnard
Mélenchon abroge les lois pénales et renvoie la politique pénale à un vote annuel du Parlement ; Lisnard veut qu’une première infraction entraîne une sanction, sans réduction automatique, et que les 40 % de peines de prison non exécutées à six mois le soient. Coups et blessures en hausse de 51 % depuis 2017 : le bilan des politiques dites sécuritaires est d’abord celui des peines jamais appliquées.
La phrase sur les peines planchers vient d’un communiqué de LFI de novembre 2024, à propos du procès de Marine Le Pen.
- Discours de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, 7 juin 2026 (melenchon.fr)
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 4, « Refonder une police républicaine » et chapitre 7, « Une politique de justice efficace »
- Communiqué de La France insoumise, 14 novembre 2024 (procès de Marine Le Pen)
Marine Le Pen
Rétablir les peines planchers et limiter les réductions de peine
Instaurer des peines minimales pour les récidivistes, le trafic de drogue et les atteintes aux dépositaires de l’autorité, et limiter les aménagements et réductions de peine, surtout pour les violences contre les personnes. Les mineurs seraient sanctionnés « dès le premier fait commis ».
Le RN juge que rappels à la loi, stages et peines aménagées ont installé un sentiment d’impunité. Selon son livret sécurité de 2022, seules l’amende et la prison ferme sont comprises comme des sanctions, et les réductions de peine « ne doivent jamais être automatiques ».
Différence avec Lisnard
Le Pen et Lisnard rétablissent les peines minimales pour les récidivistes et refusent les réductions automatiques. Lisnard y ajoute les moyens sans lesquels les peines planchers de 2007 à 2014 sont restées lettre morte : deux fois plus de procureurs et de tribunaux correctionnels, 20 000 places de prison, une justice à 0,20 % du PIB qu’il faut relever. Une peine plancher sans juge pour la prononcer ni cellule pour l’exécuter est une annonce.
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)
- Projet de Marine Le Pen 2022 : livret « La sécurité » (PDF)
- BFMTV, 1er juin 2026 : Jordan Bardella souhaite « rétablir des peines planchers »

