Roi · David Lisnard
Construire 20 000 places de prison pour appliquer toutes les peines
En clair
Construire 20 000 places de prison supplémentaires pour que les peines prononcées, même courtes, soient réellement effectuées.
Pourquoi
Faute de place, la justice adapte les peines au nombre de cellules disponibles. Lisnard juge la surpopulation carcérale « scandaleusement indigne » et estime qu’elle alimente la délinquance.
« Nous construirons enfin les vingt mille places de prison. »
Le contexte
Plusieurs gouvernements ont promis des milliers de places de prison, avec de gros retards. Les prisons françaises comptent régulièrement plus de détenus que de places.
Dans le détail
- 1Promesse répétée au meeting de Saint-Raphaël, le 3 juillet 2026.
- 2Instaurer une perpétuité réelle.
- 3Séparer le budget de la justice de celui de l’administration pénitentiaire.
- 4Ni calendrier ni coût de construction n’ont été détaillés.
Ce qui fait débat
Une prison met des années à sortir de terre et coûte cher. Les partisans des peines alternatives (bracelet électronique, travaux d’intérêt général) estiment qu’elles évitent mieux la récidive pour certains délits.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Réduire la surpopulation carcérale par les peines et la réinsertion
Lutter contre la surpopulation carcérale « en adaptant les peines aux profils des détenus », en investissant dans « des prisons rénovées et dignes » et dans des parcours individualisés de réinsertion ; augmenter et revaloriser les effectifs pénitentiaires. Aucun objectif de places de prison supplémentaires n’est annoncé.
Pour Place publique, les réponses « sur le terrain, dans les tribunaux et les prisons, doivent aller plus loin que des postures martiales inefficaces ». Elle mise sur la justice restaurative et les travaux d’intérêt général, « leviers de réparation et de réinsertion », et sur de meilleures conditions de travail pour les agents pénitentiaires.
Différence avec Lisnard
Glucksmann adapte les peines aux profils des détenus et rénove l’existant, sans place nouvelle. Adapter la peine au nombre de cellules, c’est ce que la justice fait déjà, faute de place, et c’est ce que Lisnard refuse : 20 000 places pour que la peine prononcée soit exécutée, même courte. Les deux veulent des prisons dignes ; l’un ajuste les peines aux murs, l’autre les murs aux peines.
Mesure du projet de Place publique ; Glucksmann n’a pas pris position publiquement sur un nombre de places de prison.
Jouer ce thème contre GlucksmannGabriel Attal
Une loi d’urgence pour construire des prisons plus vite
Une loi d’urgence donnant aux projets de prisons et de centres de rétention des règles propres d’achat du foncier, des dérogations aux règles d’urbanisme et des recours simplifiés. Pour convaincre les élus locaux, les places de prison compteraient dans le quota de logements sociaux de la loi SRU. Aucun nombre de places n’est fixé.
Avec un taux d’occupation proche de 130 %, Renaissance juge les conditions de détention parfois indignes et dangereuses pour les personnels, et constate que les décisions pénales sont prises pour désengorger les prisons. Le parti rappelle que moins d’un tiers des 15 000 places votées avaient été livrées fin 2024, alors que le village olympique a été bâti en 18 mois.
Jouer ce thème contre AttalDifférence avec Lisnard
Attal propose une loi pour construire plus vite, sans dire combien de places, et compte les cellules dans les quotas de logements sociaux. Lisnard s’engage sur un chiffre, 20 000, et sur ce qu’il permet : que les peines prononcées, même courtes, soient exécutées. On ne construit pas plus vite ce qu’on n’a pas décidé de construire ; moins d’un tiers des places votées ont été livrées sous les gouvernements auxquels il a participé.
Jean-Luc Mélenchon
Réguler le nombre de détenus plutôt que construire des prisons
Instaurer un « mécanisme contraignant de régulation carcérale » pour en finir avec la surpopulation, et donner aux détenus les moyens de se réinsérer. Pas de construction : pour LFI, « l’augmentation continuelle du parc pénitentiaire n’a jamais permis de lutter contre la surpopulation carcérale ».
Au 1er octobre 2024, LFI comptait 79 631 détenus et 3 810 matelas au sol, soit 155 % d’occupation en maison d’arrêt. Le programme veut respecter la dignité des personnes privées de liberté ; le groupe LFI juge que la surenchère pénale fantasme « le rôle dissuasif de la sanction ».
Différence avec Lisnard
Mélenchon plafonne le nombre de détenus : quand la prison est pleine, on libère ou on n’incarcère pas. Lisnard construit 20 000 places pour que la peine prononcée soit exécutée. Les deux veulent en finir avec les matelas au sol ; l’un ajuste les peines aux murs, l’autre les murs aux peines. Une régulation carcérale, c’est une peine qui dépend du jour où elle tombe.
Les chiffres et le refus de bâtir viennent d’un communiqué du groupe LFI (octobre 2024) ; le programme 2025 reprend le mécanisme de régulation.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 7, « Une politique de justice efficace »
- Groupe LFI, 30 octobre 2024 : « Les prisons craquent : vite un mécanisme de régulation carcérale ! »
- Programme du Nouveau Front populaire (législatives 2024)
Marine Le Pen
Créer 40 000 places de prison pour exécuter toutes les peines
Jordan Bardella l’a promis pour un gouvernement RN : « Nous créerons 40 000 places de prison ». En 2022, Marine Le Pen visait 85 000 places au total en six ans, avec des établissements provisoires et des prisons de basse sécurité pour les courtes peines et les mineurs.
Selon elle, la pénurie de places conduit les juges à ne pas prononcer de prison ferme ou à ne pas exécuter les peines : « Plus aucun magistrat ne pourra se réfugier derrière la pénurie de places pour mettre en œuvre une idéologie permissive. »
Différence avec Lisnard
Le Pen promet 40 000 places, après 85 000 en 2022, sans calendrier ni coût. Lisnard en promet 20 000 : l’ordre de grandeur que les gouvernements ont voté sans livrer, et celui qui suffit à exécuter les peines prononcées. Il sépare aussi le budget de la justice de celui des prisons, pour que l’un ne mange plus l’autre. Mieux vaut 20 000 cellules construites que 40 000 annoncées.
Chiffre avancé par Jordan Bardella au nom du parti en novembre 2025 ; en 2022, Marine Le Pen fixait l’objectif à 85 000 places au total.
- BFMTV, 5 novembre 2025 : Jordan Bardella, « Nous créerons 40 000 places de prison »
- Marine Le Pen, projet présidentiel 2022 : « M la France » (PDF)
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)

