Roi · David Lisnard
Supprimer les zones qui interdisent les vieilles voitures en ville
En clair
Supprimer par une loi les zones à faibles émissions, qui interdisent peu à peu les véhicules les plus anciens dans les grandes villes. En cas de nouvelle censure du Conseil constitutionnel, passer par un référendum.
Pourquoi
Lisnard juge les ZFE inefficaces pour l’environnement et injustes, car elles touchent d’abord les jeunes, les petits revenus et les classes moyennes qui n’ont pas les moyens de changer de voiture.
« Nous les supprimerons par une loi en bonne et due forme, et au galop. »
Le contexte
Les ZFE ont été créées par la loi en 2019, puis étendues en 2021 aux agglomérations de plus de 150 000 habitants. Le Parlement a voté leur suppression, mais le Conseil constitutionnel a censuré cette mesure.
Dans le détail
- 1Les véhicules sont classés par la vignette Crit’Air selon leur âge et leur motorisation.
- 2Il cite 495 000 voitures diesel neuves vendues en 2020 qui seraient exclues, alors qu’elles polluent moins que certaines voitures essence.
- 3Au départ, il proposait seulement d’assouplir le dispositif. Il défend désormais la suppression totale.
Ce qui fait débat
Selon Santé publique France, la pollution de l’air cause des dizaines de milliers de décès prématurés chaque année en France. Les défenseurs des ZFE y voient un outil de santé publique.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël GlucksmannPas de mesure connue
Pas de position connue sur les zones à faibles émissions
Les ZFE ne figurent ni dans le projet de Place publique ni dans ses prises de parole de campagne. Pour les transports du quotidien, elle propose un « Ticket climat », titre de transport unique à tarif fixe, d’abord réservé aux jeunes et aux publics précaires, un plan rail national avec les régions et un moratoire sur les grands projets autoroutiers.
Place publique veut une « révolution écologique populaire, démocratique, enracinée dans les territoires », qui ne pèse pas sur les plus modestes : « ce sont toujours les plus modestes qui sont les plus touchés, les moins protégés, alors qu’ils polluent le moins ». Elle fixe le cap d’une trajectoire de –90 % d’émissions en 2040.
Différence avec Lisnard
Glucksmann n’a pas de position sur les ZFE et refuse que l’écologie pèse sur les plus modestes ; Lisnard tire la conséquence de ce principe : il supprime les ZFE, qui excluent d’abord les jeunes et les petits revenus incapables de changer de voiture. On ne peut pas vouloir une écologie populaire et laisser interdire la ville à ceux qui roulent en vieille voiture faute de mieux.
Aucune prise de position trouvée sur les ZFE ; la carte donne la ligne de Place publique sur les transports et la justice sociale de l’écologie.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 11 « Une révolution écologique par et pour les citoyens »
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 12 « Relier les territoires par des transports durables »
Gabriel Attal
Garder les ZFE et rendre la voiture propre accessible aux plus modestes
Renaissance a choisi de s’opposer à la suppression des ZFE. En contrepartie, le parti veut une écologie de la voiture : TVA abaissée sur les véhicules propres, leasing social recentré sur les électriques d’occasion à moins de 100 € par mois, en priorité pour les habitants des zones rurales et des ZFE et pour les travailleurs de première ligne comme les aides à domicile.
Attal refuse de céder un centimètre aux partisans de ce qu’il appelle la grande régression écologique, y compris au sein du gouvernement. Il récuse une écologie à deux vitesses : la transition doit être l’affaire de tous, et les ménages modestes dépendants de la voiture doivent être aidés plutôt que pénalisés.
Différence avec Lisnard
Attal garde les ZFE et aide à changer de voiture, 100 € par mois en leasing ; Lisnard les supprime. Aider certains ménages à acheter une voiture pour conserver le droit d’entrer en ville, c’est admettre que la règle exclut les autres. Lisnard rappelle que des diesels neufs de 2020 seraient bannis alors qu’ils polluent moins que certaines essence : la règle est injuste et inefficace, et l’accompagnement n’y change rien.
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique » (21 juillet 2025) : édito et chapitre Nouveau modèle climatique
- Public Sénat, 21 juillet 2025 : Gabriel Attal dénonce « la grande régression climatique »
Jean-Luc Mélenchon
Suspendre les ZFE tant qu’il n’y a pas d’alternative à la voiture
Décréter un moratoire sur les ZFE « dans leur conception actuelle » et les conditionner à un développement massif des transports en commun : LFI a déposé en mars 2025 une proposition de loi pour les suspendre et voté contre leur réintroduction en mai 2025. Limiter aussi la taille des SUV à la vente.
Pour LFI, les ZFE « pénalisent et culpabilisent les plus modestes de notre pays » : 15 millions de personnes sont en précarité de mobilité. Mais la pollution de l’air cause 40 000 morts par an, d’où le mot d’ordre « Pas de ZFE sans alternative ! » plutôt qu’une suppression sèche.
Différence avec Lisnard
Mélenchon suspend les ZFE tant qu’il n’y a pas d’alternative, et les garde en principe ; Lisnard les supprime. Un moratoire conditionné aux transports en commun se lèvera un jour, et ce jour-là les mêmes ménages seront exclus. Lisnard juge la mesure injuste et inefficace, pas seulement prématurée : des diesels neufs de 2020 en seraient bannis alors qu’ils polluent moins que certaines essence.
Les votes et le mot d’ordre viennent du groupe LFI à l’Assemblée (2025-2026) ; le programme parle d’un moratoire, pas d’une suppression.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 13, « Développer les transports publics écologiques, repenser la mobilité individuelle »
- Groupe LFI, 28 mai 2025 : « Victoire : sortie de route pour les ZFE ! »
- Groupe LFI, 22 mai 2026 : « Les zones à faible émission font leur retour, et toujours sans alternative »
Marine Le Pen
Abroger les zones à faibles émissions, par la loi
Supprimer totalement les ZFE : proposition de loi du député RN Pierre Meurin, débattue sans pouvoir être votée lors de la niche RN du 8 octobre 2026, après la censure en mai 2026 d’une première suppression votée par l’Assemblée. Mesure du programme 2024, confirmée par Jordan Bardella le 2 mai 2026.
Pour le RN, les ZFE sont « ressenties comme une insulte » par des millions d’automobilistes exclus des centres-villes, et leur abrogation serait « un geste de réparation républicaine ». Il y voit une écologie punitive qui pèse sur le pouvoir d’achat, dans un pays qu’il classe parmi les moins dégradés sur le plan environnemental.
Différence avec Lisnard
Même suppression des ZFE. Le Pen l’a portée par proposition de loi et s’est heurtée à la censure ; Lisnard prévoit la suite : si le Conseil constitutionnel censure de nouveau, le référendum. Il porte aussi l’argument technique, 495 000 diesels neufs de 2020 exclus alors qu’ils polluent moins que certaines essence, qui montre que la mesure est inefficace, et pas seulement « ressentie comme une insulte ».
- LCP, 9 octobre 2026 : ZFE, le RN ne parvient pas à faire voter leur suppression lors de sa niche parlementaire
- Rassemblement national, 2 mai 2026 : discours de Jordan Bardella à la Fête de la Nation
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)

