As · David Lisnard
Construire six nouveaux réacteurs nucléaires EPR
En clair
Lancer une série de six nouveaux réacteurs EPR, prolonger les réacteurs existants jusqu’à 60 ans, développer les petits réacteurs modulaires (SMR) et financer la recherche sur la 4e génération et la fusion. Arrêter les aides aux renouvelables payées au-dessus du prix du marché.
Pourquoi
Pour Lisnard, une électricité bas carbone et disponible à la demande est un atout pour l’industrie et pour la souveraineté. Il cite l’écart d’émissions : 67 g de CO₂ par kWh en France contre 419 g en Allemagne.
Le contexte
Le nucléaire produit environ deux tiers de l’électricité française. La centrale de Fessenheim a été fermée en 2020, une décision qu’il qualifie d’erreur.
Dans le détail
- 1Proposition déjà formulée en 2021 dans L’Opinion.
- 2Arrêter le plan de fermeture de réacteurs.
- 3Financer la recherche sur le traitement des déchets par laser.
Ce qui fait débat
Les EPR ont connu de gros retards et surcoûts : Flamanville a été raccordé au réseau en 2024, avec douze ans de retard. Les partisans des renouvelables les jugent plus rapides à installer.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Construire de nouveaux EPR et investir massivement dans le renouvelable
« Conforter le rôle du nucléaire, énergie pilotable et décarbonée », en assurant la sûreté des centrales existantes et « la construction à temps de nouvelles unités » ; en août 2026, il a dit vouloir développer de nouveaux réacteurs EPR, sans en fixer le nombre. En parallèle, un grand plan pluriannuel dans toutes les énergies renouvelables et des panneaux photovoltaïques produits en France.
Pour Glucksmann, il faut couper les « laisses énergétiques » qui enserrent les Français et libérer le pays de « son addiction au gaz et au pétrole ». Place publique veut faire baisser les prix de l’électricité en indexant une partie de la facture sur le coût de production « de notre électricité nucléaire et renouvelable », plutôt que sur un marché volatil.
Différence avec Lisnard
Les deux veulent de nouveaux EPR ; Lisnard en dit le nombre, six, et prolonge le parc à 60 ans. La différence porte sur les renouvelables : Glucksmann y ajoute un grand plan pluriannuel, Lisnard cesse de les payer au-dessus du prix du marché. Avec 67 g de CO₂ par kWh contre 419 en Allemagne, la France a déjà l’électricité la plus propre d’Europe ; inutile de la rendre plus chère pour la décarboner une seconde fois.
- France 24 (dépêche AFP), 25 août 2026 : Glucksmann promet « la révolution écologique » dès sa victoire
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 6 « Réussir la révolution énergétique pour tous »
- Place publique, 25 août 2026 : lettre de Raphaël Glucksmann aux Français
Gabriel Attal
Construire 14 EPR et industrialiser les petits réacteurs dès 2030
Tenir l’objectif de 14 EPR, lancer un plan « SMR 2030 » pour mettre les petits réacteurs modulaires en production industrielle dès 2030, massifier l’éolien en mer et viser un premier plasma de fusion en 2030 avec Iter. Garantir aux industriels une électricité à 50 € le MWh au maximum pendant dix ans, en échange d’objectifs de décarbonation.
Pour Attal, près de la moitié de l’énergie française est importée : il veut sortir de la dépendance à la Russie et aux pays du Golfe en produisant les trois quarts de l’énergie en France, avec un mix nucléaire et renouvelable. Son parti refuse les guerres idéologiques, de la droite contre les renouvelables comme de la gauche contre le nucléaire.
Différence avec Lisnard
Attal annonce 14 EPR, de l’éolien en mer massifié et une électricité garantie à 50 € le MWh ; Lisnard programme six réacteurs en série, prolonge le parc à 60 ans et arrête les aides aux renouvelables payées au-dessus du marché. Flamanville a pris douze ans de retard : six réacteurs lancés et tenus valent mieux que quatorze promis. Et un prix garanti par l’État se paie quelque part ; cesser de subventionner au-dessus du marché, non.
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique » (21 juillet 2025) : chapitre Nouveau modèle économique, volet énergétique
- Public Sénat, 21 juillet 2025 : Gabriel Attal dénonce « la grande régression climatique »
Jean-Luc Mélenchon
Abandonner les EPR et sortir du nucléaire : 100 % renouvelables en 2050
« Sortir du nucléaire : abandonner les projets d’EPR », planifier le démantèlement et la reconversion des sites, viser 100 % d’énergies renouvelables en 2050 par la sobriété et l’efficacité, renationaliser EDF et Engie dans un pôle public de l’énergie et abroger la fusion ASN-IRSN.
Pour le programme, « le nucléaire n’est pas non plus une solution d’avenir ». Le groupe LFI relève que, hors Chine, l’industrie nucléaire a fermé plus de centrales qu’elle n’en a ouvert en quinze ans, avec retards et surcoûts, quand les renouvelables sont « moins chères, plus souveraines » et plus résilientes au climat.
Différence avec Lisnard
Mélenchon sort du nucléaire et abandonne les EPR ; Lisnard en lance six et prolonge le parc à 60 ans. 67 g de CO₂ par kWh en France, 419 en Allemagne, qui a fermé ses centrales : le pays qui a le plus décarboné son électricité est celui qui a gardé l’atome. Sortir du nucléaire pour le climat, c’est refaire l’erreur de Fessenheim à l’échelle du pays.
Mesure maintenue dans l’édition 2025 ; le programme du NFP 2024 ne la reprenait pas et renvoyait à une loi énergie-climat.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 13, « Organiser le 100 % d’énergies renouvelables en 2050 et la rénovation énergétique »
- Groupe LFI, 10 mars 2026 : « L’obsession nucléaire du Président Macron est stupide et dangereuse »
Marine Le Pen
Relancer le nucléaire (EPR, SMR, neutrons rapides) et geler l’éolien
Lancer un « plan Marie Curie » de relance du nucléaire : nouveaux EPR, petits réacteurs modulaires, réacteurs à neutrons rapides, prolongation du parc existant ; moratoire sur l’éolien et le solaire, fin de leurs subventions et démantèlement progressif des éoliennes existantes.
Elle veut faire du nucléaire « le pivot de notre politique énergétique » pour une électricité abondante et bon marché, condition des relocalisations. Elle chiffre la feuille de route énergétique du gouvernement, avec son volet renouvelable, « à un minimum de 300 milliards d’euros » et y voit « une lourde faute ».
Différence avec Lisnard
Même relance du nucléaire ; Lisnard fixe le nombre, six EPR, et prolonge le parc à 60 ans. Sur les renouvelables, Le Pen décrète un moratoire et démantèle les éoliennes existantes ; Lisnard cesse seulement de les subventionner au-dessus du prix du marché. Démolir des installations déjà payées coûte de l’argent public pour de l’électricité en moins ; arrêter de payer trop cher en rapporte.
Aucun nombre de réacteurs EPR n’est fixé dans ses textes ; en juin 2025, les députés RN ont voté le maintien du parc nucléaire et un moratoire sur l’éolien et le solaire.
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)
- Le Figaro (AFP), 9 février 2026 : « Une lourde faute », Marine Le Pen met en garde Sébastien Lecornu sur la PPE
- LCP, 20 juin 2025 : nucléaire, renouvelables, les députés terminent l’examen de la proposition de loi énergétique
- Marine Le Pen, projet présidentiel 2022 : « M la France » (PDF)

