Valet · David LisnardÀ préciser
Remplacer départements et régions par une cinquantaine de provinces
En clair
Remplacer départements et régions par une cinquantaine de provinces aux compétences claires, sur le modèle d’une carte dessinée par Michel Debré en 1947. La commune resterait la base de l’organisation locale.
Le nombre de provinces et leur financement restent à définir : le programme évoque un travail de groupe en cours et un référendum pour valider la carte.
Pourquoi
Lisnard juge que l’empilement des échelons dilue les responsabilités. Maire de Cannes, il défend la commune comme l’institution la plus efficace et veut que chaque décision soit prise au plus près des habitants.
« La commune restera le socle. »
Le contexte
La France compte aujourd’hui 101 départements et 18 régions, sans compter les intercommunalités. Les collectivités locales ne portent qu’environ 8 % de la dette publique.
Dans le détail
- 1Le programme évoque 40 à 50 provinces, avec des périmètres validés par référendum.
- 2Transfert massif de compétences aux collectivités, sauf la police, la justice et les libertés publiques.
- 3Un vrai pouvoir réglementaire local et des recettes fiscales propres.
- 4Les mêmes règles partout, outre-mer compris : pas de décentralisation à la carte.
Ce qui fait débat
La fusion des régions de 2015 a montré que ces réformes prennent du temps et ne produisent pas forcément d’économies rapides.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Clarifier qui fait quoi par une loi de décentralisation concertée
Pas de fusion des départements et des régions. Glucksmann veut « qu’on décentralise vraiment » et « lancer une grande convention de la décentralisation citoyenne où on discute partout ». Place publique porte une nouvelle loi de décentralisation « qui sera en même temps une loi de clarification des compétences », après concertation avec élus et habitants, et une loi pluriannuelle des finances locales.
Aujourd’hui, « on ne sait plus qui fait quoi », dit-il. Devant les maires, en novembre 2025, il a dénoncé les 7,5 milliards d’euros d’économies demandés aux collectivités « à coups de rabot ». Place publique veut aussi élire les conseils des intercommunalités au suffrage direct et renforcer le pouvoir fiscal des collectivités.
Différence avec Lisnard
Glucksmann clarifie qui fait quoi par une loi et une convention ; Lisnard clarifie en supprimant : départements et régions remplacés par une cinquantaine de provinces, avec le pouvoir réglementaire et les recettes propres. Des lois de clarification des compétences, la France en a voté en 2010, 2014 et 2015, et « on ne sait toujours plus qui fait quoi » : tant que les échelons restent, les compétences se recroisent.
- Public Sénat, 19 novembre 2025 : au congrès des maires, « une politique sans naïveté aucune sur la sécurité »
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 21 « Redonner le pouvoir aux citoyens »
Gabriel Attal
Supprimer un échelon et créer des collectivités uniques autour du maire
Supprimer un échelon de collectivités locales et dessiner « une carte de France avec de nouvelles collectivités uniques », dans un « big bang » territorial qui ferait du maire « l’élu le plus puissant de France ». Il prévoit de dévoiler cette carte.
À Arras, en septembre 2025, Attal mettait la réduction du nombre de parlementaires et d’élus et la suppression d’un échelon de collectivités au cœur de sa « Ve République du XXIe siècle ». Un an plus tard, il fait du maire la figure centrale de l’organisation territoriale qu’il veut redessiner.
Différence avec Lisnard
Attal promet une carte qu’il n’a pas encore montrée et un échelon en moins qu’il n’a pas nommé ; Lisnard nomme les deux : départements et régions remplacés par une cinquantaine de provinces, la commune comme socle, les compétences, le pouvoir réglementaire et les recettes qui vont avec, la carte validée par référendum. Un maire ne devient pas « l’élu le plus puissant de France » par annonce ; il le devient quand les étages au-dessus de lui disparaissent.
Quel échelon disparaîtrait et combien de collectivités uniques seraient créées n’est pas encore public.
- Acteurs publics, 3 juillet 2026 : Attal propose 100 000 fonctionnaires en moins (entretien au Parisien du 2 juillet)
- LCP, 21 septembre 2025 : à Arras, Gabriel Attal prône « une nouvelle République »
Jean-Luc Mélenchon
Remplacer les régions par des écorégions dessinées sur les bassins versants
Redécouper les régions à partir des bassins versants et leur confier l’eau comme première responsabilité, puis sols, biodiversité, forêts, air, mobilités et risques climatiques ; supprimer les « mégarégions » et métropoles technocratiques, et garder trois échelons : communes, départements, régions.
Pour Mélenchon, les treize régions créées sous François Hollande sont vouées à une absurde compétition d’attractivité en Europe. La planification écologique doit s’appuyer sur la commune, « échelon vital de la démocratie », et sur des régions « dédiées à la bifurcation écologique ».
Différence avec Lisnard
Mélenchon redécoupe les régions sur les bassins versants et garde trois échelons ; Lisnard en garde deux, la commune et une cinquantaine de provinces, et transfère compétences, pouvoir réglementaire et recettes. Redessiner les régions sur l’eau ne dit pas qui décide des routes, des lycées ou du logement ; Lisnard part de la question que se posent les habitants : qui est responsable.
Le découpage reste en travail : treize écorégions annoncées en juillet 2026, puis un découpage « mieux centré » sur les sous-bassins versants.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 12, « L’organisation de l’État au service de la planification écologique »
- Discours de Jean-Luc Mélenchon à Saint-Denis, 7 juin 2026 (melenchon.fr)
- Entretien à Reporterre, 22 juillet 2026 (repris sur melenchon.fr)
Marine Le Pen
Supprimer les régions et les intercommunalités, garder les communes
Supprimer l’échelon régional, pour 6 milliards d’euros d’économies selon Jean-Philippe Tanguy, ainsi que les intercommunalités et les métropoles, comme le prévoit le contre-budget RN du 6 octobre 2026, qui demande 8,2 milliards d’effort aux collectivités dès 2027. Le sort des départements n’est pas précisé.
Pour le RN, « la tradition souverainiste a toujours été la critique de l’échelon du Conseil régional » et des intercommunalités, accusés de dépenses considérables ; il veut « simplifier drastiquement le millefeuille territorial » et rendre du pouvoir aux élus de proximité.
Différence avec Lisnard
Le Pen supprime les régions et les intercommunalités, garde les départements, sans nouvelle carte ; Lisnard remplace départements et régions par une cinquantaine de provinces, avec les compétences, le pouvoir réglementaire et les recettes qui vont avec, et une carte validée par référendum. Retirer une couche laisse le millefeuille, moins une couche ; Lisnard redessine l’ensemble, en partant de la commune.
La suppression des régions, défendue par le RN en 2024 et par Jean-Philippe Tanguy en octobre 2026, ne figurait pas au programme 2022 ; aucune nouvelle carte n’est proposée.
- Public Sénat, 6 octobre 2026 : Marine Le Pen présente son contre-budget, 140 milliards d’économies d’ici 2032
- Capital, 4 octobre 2026 : « On supprime les régions », la proposition de Jean-Philippe Tanguy pour économiser 6 milliards
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)

