Valet · David Lisnard
Fixer des objectifs écologiques sans imposer les moyens d’y arriver
En clair
L’État fixerait des objectifs environnementaux et un prix pour la pollution, mais laisserait entreprises et collectivités choisir comment les atteindre. Exemples cités : réutiliser les eaux usées traitées, revoir l’objectif « zéro artificialisation nette ».
Pourquoi
Lisnard rejette une écologie de la décroissance et des interdictions. Il pense que la baisse des émissions passera par la croissance et l’innovation.
« L’écologie passera par la croissance. »
Le contexte
Il reconnaît le réchauffement climatique d’origine humaine comme une priorité. À Cannes, il met en avant un projet de 41 bus à hydrogène d’ici 2033, une station qui produit de l’hydrogène à partir des eaux usées et la réutilisation d’eaux usées traitées.
Dans le détail
- 1Une taxe carbone à prélèvements constants, avec redistribution aux perdants.
- 2Cibler par la diplomatie les « super-pollueurs » mondiaux : selon le programme, 5 % des centrales électriques du monde émettent 73 % de leur CO₂.
- 3Supprimer les règles qui empêchent d’atteindre leurs propres objectifs environnementaux.
Ce qui fait débat
Sans interdictions ni obligations, tout repose sur le prix du carbone et l’innovation. Les sceptiques doutent que cela suffise pour tenir les échéances climatiques.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Planifier la transformation écologique par une grande loi Climat
Planifier et réglementer : « une grande loi Climat engageant tous les ministères », avec une trajectoire de –90 % d’émissions en 2040 et la neutralité en 2050 ; un « bouclier législatif pour la sobriété » (loi contre la fast-fashion, score carbone obligatoire, fin des plastiques à usage unique d’ici 2030) ; et, promet Glucksmann, « les 100 jours de la révolution écologique » dès son élection.
Glucksmann veut « planifier et organiser la transformation écologique » et faire de la lutte climatique « l’alpha et l’oméga des politiques publiques ». Pour lui, cette révolution est aussi industrielle : sortir des énergies fossiles, c’est « libérer la France » de ses dépendances et « remettre des usines dans nos territoires ».
Différence avec Lisnard
Glucksmann planifie et réglemente, fast-fashion, score carbone, plastiques ; Lisnard fixe l’objectif et un prix, et laisse entreprises et collectivités trouver le chemin. Les deux reconnaissent l’urgence ; l’un y répond par cent jours de lois, l’autre par une taxe carbone à prélèvements constants et la suppression des règles qui empêchent d’atteindre les objectifs. Cannes roule à l’hydrogène tiré de ses eaux usées sans qu’une loi l’ait imposé.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantier 11 « Une révolution écologique par et pour les citoyens »
- France 24 (dépêche AFP), 25 août 2026 : Glucksmann promet « la révolution écologique » dès sa victoire
- Place publique, 25 août 2026 : lettre de Raphaël Glucksmann aux Français
Gabriel Attal
Une « écologie du contrat » : négocier les moyens autour d’objectifs fixés
Garder les objectifs de la planification écologique mais négocier leur mise en œuvre avec entreprises, collectivités et société civile, au niveau national comme territorial : COP régionales dotées d’un mandat contractuel et de 500 millions d’euros par an, contrats de transition agricole, loi de programmation énergie-climat avec une dette carbone présentée chaque année.
Renaissance assume les règles déjà prises mais constate que, contrairement au social, la transition écologique n’a pas ses lieux de négociation. Le parti défend une écologie de l’offre qui additionne toutes les solutions, nucléaire comme renouvelables, et ne participera à aucune guerre idéologique, de la droite contre le bio ou les renouvelables comme de la gauche contre le nucléaire.
Jouer ce thème contre AttalDifférence avec Lisnard
Même principe : des objectifs, pas des moyens imposés. Attal y ajoute des instances, COP régionales, 500 millions par an, contrats de transition ; Lisnard y met un prix, une taxe carbone à prélèvements constants redistribuée aux perdants, et retire les règles qui empêchent d’atteindre leurs propres objectifs. Un prix du carbone oriente des millions de décisions sans réunion ; une COP régionale en oriente une par an.
Jean-Luc Mélenchon
Planifier l’écologie par le Plan : aider ceux qui y entrent, pas les autres
Adopter des lois-cadres de planification écologique, créer un Conseil à la planification, viser moins 65 % d’émissions en 2030, imposer aux entreprises une comptabilité carbone certifiée avec trajectoire de baisse, et un moratoire sur les grands projets « inutiles et écocidaires ».
Pour Mélenchon, « le marché et la concurrence ont montré leur incapacité à relever ces défis ». « L’instrument, ce sera le Plan » : « Les acteurs économiques qui entrent dans le plan seront aidés. Ceux qui ne veulent pas en gardent le droit. Mais ils ne seront pas aidés. »
Différence avec Lisnard
Mélenchon planifie par le Plan et n’aide que ceux qui y entrent ; Lisnard fixe l’objectif et un prix, et n’aide personne en particulier : la taxe carbone à prélèvements constants redistribue aux perdants, et chacun choisit son chemin. Le Plan doit savoir d’avance quelle technologie gagnera ; le prix du carbone n’a pas besoin de le savoir, il le découvre. Cannes a choisi l’hydrogène de ses eaux usées sans qu’un Conseil à la planification l’ait prévu.
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 12, « La bifurcation écologique pour une société de l’harmonie »
- Entretien à Reporterre, 22 juillet 2026 (repris sur melenchon.fr)
Marine Le Pen
Tenir l’accord de Paris par le nucléaire, sans écologie punitive
Garder la neutralité carbone en 2050 et l’accord de Paris, « par les moyens qu’elle aura choisis » : nucléaire, relocalisations, prêt à taux zéro élargi aux voitures propres, et un plan Clim de 40 milliards d’euros pour climatiser écoles, hôpitaux et bâtiments publics, sans interdictions nouvelles.
Elle refuse « toute écologie punitive » et un Green Deal accusé de ruiner le pouvoir d’achat : la France, parmi les pays où l’environnement est le moins dégradé, doit prendre « sa part, toute sa part, mais seulement sa part » de l’effort mondial, en misant sur l’innovation et l’adaptation aux canicules.
Différence avec Lisnard
Les deux refusent l’écologie punitive et gardent l’accord de Paris. Le Pen y met 40 milliards de climatisation et un prêt pour voitures propres ; Lisnard y met un prix du carbone à prélèvements constants, redistribué aux perdants, et retire les règles qui empêchent d’atteindre les objectifs. L’adaptation aux canicules est nécessaire ; mais 40 milliards de dépense nouvelle dans un plan qui en cherche 140 d’économies, c’est une écologie à crédit.
Le plan Clim a été détaillé par les députés Tanguy et Ménagé le 30 juin 2026 ; l’objectif 2050 et le prêt pour voitures propres viennent du contre-budget d’octobre 2026.
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)
- Public Sénat, 30 juin 2026 : plan Clim, le Rassemblement national détaille son projet à 40 milliards
- Capital, 7 octobre 2026 : Marine Le Pen veut élargir le prêt à taux zéro aux « voitures propres »
- Projet de Marine Le Pen 2022 : livret « L’environnement, pour une écologie française » (PDF)

