Huit · David LisnardÀ préciser
Augmenter le budget des armées
En clair
Augmenter le budget de la défense, bâtir un système de combat aérien souverain autour du Rafale F5, de son drone de combat furtif et de la dissuasion nucléaire, et protéger les filières stratégiques : spatial, défense, nucléaire.
Ni le montant de la hausse ni l’objectif en pourcentage du PIB n’ont été annoncés.
Pourquoi
Lisnard estime que la France n’a plus les moyens militaires de ses ambitions : selon lui, elle ne pourrait pas tenir une position de soutien en Ukraine sans le renseignement américain. Il chiffre à 8 milliards d’euros les crédits qui manquaient au budget précédent pour acheter des armes.
« La puissance, la liberté et la souveraineté ne se décrètent pas : elles se financent. »
Le contexte
La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit 413 milliards d’euros pour les armées sur sept ans. Les crédits de paiement sont l’argent réellement versé dans l’année, par opposition aux engagements pris sur plusieurs années.
Dans le détail
- 1Il reproche à la loi de programmation militaire d’avoir supprimé le satellite Syracuse 4C et étalé les paiements.
- 2Il veut cesser les projets européens communs qu’il juge déséquilibrés, après l’abandon de l’avion de combat franco-allemand en juin 2026.
- 3Une feuille de route pour l’espace, à la fois civile et militaire.
- 4Financement annoncé : le redressement des comptes publics. Aucun montant ni objectif en pourcentage du PIB n’a été fixé.
Ce qui fait débat
Chaque dixième de point de PIB consacré en plus à la défense représente environ 3 milliards d’euros par an. Comme le programme affecte déjà toutes ses économies aux salaires, aux entreprises et à la dette, la hausse devra être financée par des économies supplémentaires ou par un ajustement de cette répartition.
Sources
Face à ses adversaires
Sur le même sujet, ce que proposent ceux qu’on peut lui opposer dans le jeu. Chaque carte renvoie à sa source.
Raphaël Glucksmann
Réarmer par un fonds européen de 500 milliards d’euros emprunté en commun
Un fonds européen de défense de 500 milliards d’euros financé par un emprunt commun et réservé aux productions européennes ; accélérer la production industrielle d’armement pour « un conflit de haute intensité », augmenter « drastiquement » la réserve opérationnelle, et proposer d’étendre la dissuasion nucléaire française aux pays de l’UE. Pas d’objectif chiffré pour le budget national.
Place publique relaie l’alerte des services de renseignement : « une guerre sur le sol de l’Union européenne est probable d’ici 2029 ». La France ne peut « plus compter sur le parapluie américain » : « la liberté de la France a un prix, nous allons l’assumer ». Aux européennes de 2024, Glucksmann proposait déjà un fonds de 100 milliards.
Différence avec Lisnard
Glucksmann emprunte 500 milliards en commun à vingt-sept et propose d’étendre la dissuasion française à l’Union ; Lisnard finance l’armée française par le redressement des comptes et garde la dissuasion nationale, autour du Rafale F5 et de son drone. L’abandon de l’avion de combat franco-allemand en juin 2026 dit ce que valent les programmes communs quand les intérêts divergent. Ni l’un ni l’autre ne chiffre encore ; l’un dépend de vingt-six partenaires, l’autre de la France.
Chiffres du projet de Place publique ; Glucksmann n’a pas annoncé de montant pour le budget des armées françaises.
- Projet « Acte I : notre vision pour la France » de Place publique (42 chantiers), co-dirigé par Raphaël Glucksmann : chantiers 1 et 2, « Adapter la défense française à la guerre contemporaine » et « Bâtir la défense européenne »
- Public Sénat, 15 mai 2024 : le programme « Réveiller l’Europe » des européennes
- LCP, 9 octobre 2026 : quelles différences entre les candidats à la primaire socialiste
Gabriel AttalPas de mesure connue
Pas d’objectif chiffré connu pour le budget des armées
Attal n’a pas annoncé de montant ni de part du PIB pour la défense. Il exclut les Armées de ses 100 000 suppressions de postes de fonctionnaires, et son parti veut un « Buy European tech and defense Act » pour rapatrier en Europe les achats de défense des partenaires européens, au profit des industries française et européenne.
Renaissance reprend le constat du rapport Draghi : un besoin d’investissement dans l’innovation et la défense de 5 points de PIB par an, à financer en mobilisant l’épargne longue des Européens. Aux législatives de 2024, le programme qu’Attal présentait promettait de rester dans l’OTAN et de maintenir la dissuasion nucléaire.
Différence avec Lisnard
Attal ne chiffre pas l’effort de défense et le place à l’échelle européenne : « Buy European », épargne commune, rapport Draghi. Lisnard ne donne pas encore de montant non plus, mais il a dressé la liste de ce qui manque, 8 milliards de crédits d’achat, le satellite Syracuse 4C supprimé, et tiré la leçon de l’abandon de l’avion franco-allemand : un système de combat souverain autour du Rafale F5. Avant de chiffrer, il faut savoir ce qu’on achète, et à qui.
Les conventions de Renaissance de 2025 et ses entretiens de juillet et août 2026 ne chiffrent pas l’effort de défense.
- Renaissance, convention « Pour une nouvelle donne économique et climatique » (21 juillet 2025) : chapitre Nouveau modèle économique, souveraineté et innovation
- Acteurs publics, 3 juillet 2026 : Attal propose 100 000 fonctionnaires en moins (entretien au Parisien du 2 juillet)
- Programme d’Ensemble pour les législatives 2024 (site de campagne, présenté par Gabriel Attal)
Jean-Luc Mélenchon
Réorienter l’effort militaire vers l’espace et le numérique, hors OTAN
Rédiger un livre blanc et une nouvelle loi de programmation militaire tournée vers l’indépendance, créer un pôle public de l’armement, acheter français en priorité et quitter le commandement intégré de l’OTAN. Il soutient le Rafale produit en France et refuse l’avion de combat franco-allemand. Pas de montant.
Pour Mélenchon, la LPM actuelle « peut nous permettre de remporter la bataille d’Alésia mais pas la guerre moderne », celle des drones, des missiles, des câbles et des satellites. Il approuve que la France reste « seule maître » de l’arme nucléaire, mais veut un Commissariat pour penser les alternatives au nucléaire.
Différence avec Lisnard
Mélenchon quitte le commandement intégré de l’OTAN et refonde la programmation sur les drones et l’espace ; Lisnard augmente le budget sans sortir des alliances, et mise lui aussi sur le Rafale F5, son drone et l’espace. La différence : Lisnard chiffre ce qui manque, 8 milliards de crédits d’achat, et veut cesser de dépendre du renseignement américain sans se couper de ceux qui le fournissent. L’indépendance se construit avant de se proclamer.
Ni montant ni objectif en part du PIB ; en octobre 2024, le groupe LFI reprochait au gouvernement de ne pas tenir la hausse prévue par la loi de programmation militaire.
- Entretien à La Tribune Dimanche, 10 mai 2026 (repris sur melenchon.fr)
- L’Avenir en commun, édition 2025 (programme pour 2027) : chapitre 16, « Construire une défense souveraine au service de la paix »
- Communiqué de Jean-Luc Mélenchon, 20 janvier 2026 : visite de l’usine Dassault de Cergy
- Blog de Jean-Luc Mélenchon, 2 mars 2026 : « Pour être craint, il faut être compris »
- Groupe LFI, 15 octobre 2024 : budget défense, « la programmation à géométrie variable »
Marine Le Pen
Sanctuariser la hausse du budget des armées, 55 milliards visés en 2022
Sanctuariser la trajectoire de la loi de programmation militaire, garder une dissuasion nucléaire « intégralement nationale » et un modèle d’armée complet, et refuser tout transfert de la défense à l’Union européenne. En 2022, elle visait un budget « de l’ordre de 55 milliards d’euros » en 2027.
En décembre 2025, elle a approuvé le principe d’une hausse des crédits militaires, « l’une des rares politiques que l’on peut mettre à l’actif du président de la République », tout en accusant le gouvernement de l’instrumentaliser et en refusant une « fédéralisation » de la défense.
Différence avec Lisnard
Le Pen sanctuarise la trajectoire de la loi de programmation, celle que Lisnard juge trouée : 8 milliards manquaient aux crédits d’achat, le satellite Syracuse 4C a été supprimé, les paiements étalés. Sanctuariser une loi qui n’est pas tenue, ce n’est pas réarmer. Lisnard nomme les manques et le programme souverain qui les comble, le Rafale F5 et son drone de combat, et quitte les projets communs déséquilibrés. Même dissuasion nationale ; mais l’un défend un budget, l’autre une armée.
Aucun montant ni objectif en part du PIB annoncé pour 2027 ; en septembre 2026 elle juge que la France ne peut plus aider financièrement l’Ukraine autant qu’aujourd’hui.
- BFMTV, 10 décembre 2025 : Marine Le Pen estime que Sébastien Lecornu « instrumentalise » le budget de la défense
- LCP, 10 décembre 2025 : vote sur la défense nationale à l’Assemblée, le débat en 6 points
- Rassemblement national, programme des législatives 2024 : « Un projet, une méthode » (PDF)
- Marine Le Pen, projet présidentiel 2022 : « M la France » (PDF)
- franceinfo, 17 septembre 2026 : Marine Le Pen estime que la France ne peut plus aider financièrement l’Ukraine autant
